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STAGES DE FORMATION PROFESSIONNELLE ET D'ENTRAINEMENT

MARS AVRIL JUIN 2019

La voix pour le travail de l'acteur

"La Voix pour le Travail de l'Acteur" est une structure de travail élaborée par la spécialiste en voix et directrice d'acteurs Laura Fuentes Matus pour réunir la technique et l’expression créatrice.

 Il s'agit d'explorer la capacité vocale de l’acteur de manière individuelle et collective. Les ateliers que je propose permettent de prendre conscience de sa voix de manière perceptive et sensorielle. En offrant différents espaces créatifs, cette méthodologie permet d’agrandir la gamme de possibilités, ainsi que la compréhension de son propre fonctionnement phoniatre et sa façon de se l'approprier.

Cette méthode pédagogique se base sur un training physique associant la voix et le corps : première étape pour arriver au processus créatif. Depuis 2014, c’est sous forme d’atelier professionnel une fois par mois que vous pourrez suivre son enseignement. 

POUR QUI ?

• Acteurs ou comédiens à la recherche d’un training régulier ou ponctuel.

• Adultes en voie de professionnalisation dans les arts dramatiques ou autres arts liés au spectacle vivant (danse, cinéma, théâtre, doublage, chant, mime, marionnette...).

• Amateurs témoignant d’une profonde motivation pour le jeu et souhaitant explorer sa voix.

• Toute personne aimant entendre ou faire entendre sa voix.

QUAND:

02 et 03 mars

06 et 07 avril

08 et 09 juin

*La pratique vocale se construit dans la durée, nous proposons un tarif préférentiel valable pour les personnes qui s’inscrivent au moins 3 stages mensuel.

HORAIRES

Samedi 13-17h

Dimanche 10-14h

COMBIEN ?

• Tarif 1 : 140 euros par stage.

• Tarif 2 : 120 euros par stage.

Tarif préférentiel valable pour les personnes qui s'inscrivent à au moins 3 stages mensuels "La Voix pour le Travail de l'Acteur" sur le premier semestre 2019.

• 10 euros d'adhésion à Pemehue CAI

DIRECTION ARTISTIQUE ET PEDAGOGIQUE PAR :

Laura Fuentes Matus est une comédienne chilienne, professeure et directrice d'acteurs en France et en Europe. Elle est spécialiste du travail de l'acteur à partir des pratiques vocales du Roy Hart - Panthéâtre. Et également diplômée de l'Université Paris 8 (Master Recherche Arts de la scène et du spectacle vivant).

Après avoir enseigné dans le cadre universitaire au Chili, Laura a dirigé plusieurs stages à l'Université Paris 8, et ce sont ses élèves qui l'ont poussée à créé sa propre formation annuelle à Paris. Grâce à plusieurs invitations de festivals internationaux et d'universités, elle a pu faire connaître son travail artistique et pédagogique au Mexique, au Chili, en Russie, en Indonésie et en Grèce. Depuis 2014 sa pédagogie prend la forme d'un "atelier itinérant" basé à Paris.

Elle a assuré la préparation vocale de divers artistes venant du théâtre, des arts plastiques ou de la danse. En 2016 elle est invitée comme coach vocale par la Compagnie Vlovajob Pru - François Chaignaud / Cecilia Bengolea, dans le cadre du festival d'Automne (Paris). Depuis, elle intervient occasionnellement comme coach vocale du danseur-performeur François Chaignaud. En janvier 2018 elle a accompagné l'artiste comme regard extérieur sur "Xanadu", la performance de clôture des 40 ans du Centre Pompidou,  à Lille.

En 2018 elle travaille également avec la Compagnie A Short Term Effect (ASTE) d'Alexandre Roccoli. Pour sa prochaine création elle prépare la comédienne Olivia Corsini, dans le cadre de la résidence à la Briquetterie CDCN.

Sa pédagogie singulière est née de toutes ses expériences. Le travail scénique est considéré comme un tout indissociable unissant langage, voix et mouvement avec un travail précis d'analyse et de réflexion.

Renseignements et Inscriptions :

assopemehuecai@gmail.com / arualchile@hotmail.com / 0787817654 

https://www.facebook.com/lavoixetlejeudelacteur

PLACES LIMITÉES!!!

* Sur la route nous ne sommes jamais seuls, loi de cérémonie

 

 

 

Informations pratiques :

Lieu : Théâtre Aleph
30 rue Christophe Colomb 94200 Ivry-sur-Seine
Inscriptions et Informations : assopemehuecai@gmail.com /
07 87 81 76 54

 

DISCOURS DE JEAN-CLAUDE LEFORT

17 janvier 2019

Lors de la remise de la légion d'honneur à Oscar Castro à l'ambassade de France au Chili

Monsieur l’Ambassadeur, Madame la Ministre,

Mesdames et  Messieurs les élus et les représentants des Corps constitués,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis chiliens et français,

Chère Sylvie, Cher Oscar,

Je tiens, avant toute chose, au tout début de cette cérémonie qui nous réunit ce soir, à remercier très chaleureusement l’Ambassadeur de France au Chili, son Excellence Roland Dubertrand. Sans la moindre hésitation, en effet, il a accepté de nous recevoir en ce lieu pour procéder à cette décoration officielle de notre cher Oscar Castro. Ces remerciements sincères s’adressent aussi à toutes ses collaboratrices et tous ses collaborateurs qui ont si bien œuvré pour cette soirée. Merci à vous toutes et tous, du fond du cœur.

C’est une cérémonie très particulière qui nous réunit en ce jour, et cela pour plusieurs raisons.

La première tient à l’esprit et l’univers interne très particuliers de l’homme que nous honorons ce soir. Je dois préciser. Nous pensons tous, ici, qu’Oscar Castro est bien présent avec nous en ce moment. Mais est-ce certain ? Est-on sûr qu’il n’est pas en ce moment même sur un quai de métro parisien à la recherche de son cher Rigoberto – le nom secret de son Dieu – ou bien s’il n’est pas avec son ami Adel Hakim dans ce bar sulfureux dénommé « L’œil de verre » ? Est-on bien sûr, vraiment sûr, que c’est bien Oscar Castro qui est bien présent, là, à côté de moi et non point sa doublure, José Miranda ? Si vous pouvez trancher ce point, vous autres qui êtes présents, eh bien, vous avez bien de la chance car moi je doute. Et malgré cette épaisse incertitude qui m’habite, je dois pourtant prononcer un discours pour lui ! C’est un véritable supplice mental qu’il me fait subir une nouvelle fois.

D’autant que dans tout autre cas que le sien nous pourrions avoir un moyen sûr et certain pour savoir qui est là exactement.

En effet, dans ces circonstances aussi solennelles, nous devrions pouvoir déceler quelques gouttes de sueur perler sur son front. L’émotion devrait se lire au travers ces quelques gouttes, au moins quelques gouttes. Eh bien, il n’en est rien aujourd’hui avec l’homme présent à mes côtés. Vous pouvez tous le constater comme moi. Rien. Pas une petite goutte. Et il n’en est ainsi pour une raison bien étrange : Oscar est Indien et les Indiens ne suent pas !

Si bien que je ne sais toujours pas si c’est bien Oscar Castro qui ne sue pas qui est là ou bien si c’est l’un de ses personnages qui joue son rôle, sans ressentir, du fait qu’il ne soit pas directement concerné, la moindre émotion. Ce qui expliquerait cette absence de la moindre trace de sueur.

Et comme si tout cela ne suffisait pas, il est encore une chose plus troublante.

Figurez-vous que dans son livre au titre tellement limpide… pour lui, un livre qui s’appelle « Après l’oubli, le souvenir » – limpide, n’est-ce pas ! – il se trouve qu’Oscar Castro a déjà écrit et décrit cette cérémonie. Oui, oui, vous entendez bien ! Certes dans son livre cela se passe à Paris. Mais il a déjà une parade : ce livre il l’a écrit en 2011. Cela fait 7 ans. Il a donc une excuse. On pourrait donc lui accorder quelques circonstances atténuantes. Sauf… sauf que dans ce livre le discours de remerciements qu’il doit prononcer ce soir est déjà écrit en intégral ou presque ! Le sien, oui ! Mais pas le mien !

Il est des moments d’étrange solitude, je dois le confesser chers amis, et je vous remercie d’avance pour votre indulgence !

Il ne reste donc qu’une chose à faire : nous résigner à considérer que celui qui est là, et que nous honorons ce soir, est bien Oscar Castro en personne. Si ce n’est pas lui de toute façon ces paroles lui seront rapportées par son Diable à lui qu’il a nommé Nicanor dans la dernière pièce de sa trilogie – « La démocratie de la peur » – la pièce de théâtre qu’il donne en représentation actuellement au Chili. Son Nicanor est partout, surtout là où on l’attend le moins.

J’espère, Monsieur l’Ambassadeur, que toutes les vérifications d’usage ont été bien effectuées à l’entrée car on ne sait jamais avec ce genre de personnes qui sont en réalité des personnages, des professionnels absolus du « mentir-vrai ».

Donc, au vu des circonstances si étranges qui nous enveloppent ce soir, et pour me prémunir au mieux des aléas possibles, je ferai comme Oscar Castro quand il débute sa pièce de théâtre, en vous épargnant toutefois la danse spéciale qui va avec son rituel : j’implore donc tous les Dieux qui veillent sur le Chili pour que tout se passe bien ce soir ! Du moins le moins mal possible !

On pensera peut être que je délire un peu en ce moment, que je suis dans la fantasmagorie ? Eh bien non ! Pas du tout !

Je ne délire pas. Je suis juste et tout simplement en plein ALEPH, du nom de son théâtre qui dit tout d’Oscar Castro et de son œuvre.

Ce nom – Aleph – est tiré du roman de José Luis Borges qui porte précisément ce même nom étrange

ALEPH c’est quoi ? On sait que ce nom est non seulement la première lettre de l’alphabet hébreu mais c’est aussi une figure mathématique et pour Borges c’est un point imaginaire – enfin, normalement il est imaginaire ! – qui réunit en un même endroit et en un même lieu tout le passé, tout le présent et tout le futur.

C’est cela le théâtre d’Oscar Castro et de ses amis qui se résume et se décrit de la sorte avec ce seul nom étrange : ALEPH.

Ce théâtre a une longue existence puisqu’il est né ici, au Chili, tandis que notre ami Oscar, alors jeune étudiant, faisait des études de journalisme. Il fonda ce théâtre en 1968. Il revit aujourd’hui au Chili et c’est une belle revanche sur un passé terrible.

D’emblée Oscar et ses amis situaient ce théâtre dans une lignée très marquée : le Che et son « Soyons réalistes, exigeons l’impossible ! » ; les Beatles avec leur « Come togheter » ; le « Peace and love » qui dit tout en trois mots ; les événements de mai 1968 en France et leur « Sous les pavés, la plage ». Et puis aussi, quelques maudits temps après, ce cri mondialement repris « El pueblo unido jamas sera vencido ». Bref, son théâtre est né sous des auspices qui sont tout sauf neutres. Il s’agissait alors pour ces jeunes chiliens d’ouvrir une nouvelle page du théâtre chilien – un théâtre chilien qui n'était pourtant que récemment créé.

Un vrai challenge mais un challenge légitime car si on n’est pas audacieux quand on est jeune, quand donc le sera-t-on ? Bien que de ce point de vue – il faut qu’il se singularise à tout prix – Oscar défie toutes les lois humaines car jeune il est resté et, pour notre bonheur, il le restera toujours ! Et d’emblée ce théâtre connut une belle renommée en Amérique latine. Il donnait vie à un théâtre-fiesta, subversif, corrosif, plein d’humour et de dérision.

Il reste que, en pareille compagnie avec laquelle il est né, ce genre de théâtre peut plaire mais aussi déplaire. Chacun est libre d’apprécier. Une chose est sûre c’est que cela déplut non pas au public – je l’ai dit – mais à la « pinocheria » qui venait en 1973 de se « putscher » au pouvoir au Chili. Une nuit noire s’abattait alors sur ce beau pays si joliment représenté par Pablo Neruda. Pablo, notre ami, qui devait d’ailleurs nous quitter quelques jours après ce 11 septembre, un 11 septembre dont on ne parle pratiquement plus.

Le régime d’alors saisit les moyens de travail et de représentation de notre cher Oscar et de ses jeunes copains. Oscar continua pourtant et il donna des représentations d’une pièce sans équivoque quant à son contenu : « Al principio existia la vida ».

Ce fut trop – beaucoup trop – pour les putschistes. Ils l’arrêtèrent, direction un des stades devenus camps de concentration.

Pour lui ce fut le camp de Punchuncavi puis celui de Ritoque, tout ceci après être passé par le centre d’interrogatoire terrible dénommé Grimaldi. Tout cela se passait près de Santiago.

C’étaient des temps épouvantables où, comme le chantait Léo Ferré, « On avait mis les morts à table/ On prenait les loups pour des chiens ».

Effroyable époque où l’on coupait à la hache les doigts d’un guitariste ; où de l’Espagne du golpe de 1936 resurgissait comme des effluves du passé l’écho de slogans nauséabonds tels que « Vive la mort » ou bien « A bas l’intelligence ». Des temps où le régime chilien jetait en plein océan des personnes vivantes depuis des hélicoptères, des personnes disparues à jamais.

0360. C’est le numéro qu’on donna à Oscar Castro dans le camp. 0360. Une façon pour les factieux de réduire les êtres humains à un simple chiffre, à leur retirer toute humanité, à les broyer, à les animaliser. 0360.

Oscar trouva en lui les moyens de ne pas tomber dans ce plan morbide et à déjouer ces noires volontés. Il organisa, dans ces camps de concentration, des pièces de théâtre. Le théâtre : son étoile la nuit, son soleil le jour. Des pièces et d’autres moments festifs furent montés tous les vendredis et ils connurent aussitôt un beau succès parmi les prisonniers. Ces moments hebdomadaires attiraient même les geôliers alors que ces pièces et représentations dénonçaient, de manière certes oblique mais nette, la terrible situation d’alors et son responsable principal : Pinochet ! Chacun dans le camp redoublait d’imagination pour la réussite de ces moments peu ordinaires organisés par Oscar, El Cuervo qui s’improvise Maire dans ce camp.

Il s’explique dans son livre sur le sens de ces activités peu ordinaires. Je le cite : « Les prisonniers avaient une consigne qui consistait à ne pas permettre aux militaires de voir notre tristesse. Parce que c’était la seule chose qu’ils attendaient en nous infligeant des humiliations, leur travail psychologique pour nous casser. »

C’est ainsi qu’il survécut à cet enfermement et à cet avilissement : grâce au théâtre. Une autre façon pour lui de dire « Résistance » et de rester humain.

Mais après son arrestation et les camps de concentration, ce fut l’expulsion du Chili et le bannissement de son pays. Il arriva en France, une simple valise à la main. En 1976.

La France se montra ouverte et fidèle à ses valeurs. Elle devait accueillir plus de 15.000 Chiliens chassés de leur mère-patrie. La France devenait pour eux la patrie adoptive.

Tout cela, même si je ne m’y étends pas trop, met en évidence un second aspect très particulier qui plane sur la cérémonie de ce soir. On en conviendra aisément. Cette Légion d’honneur est remise à un survivant et à un témoin direct de cette époque qu’on ne peut pas oublier et qu’on ne voudrait jamais plus voir ou revoir nulle part sur cette planète. Jamais plus.

La France... Paris… Oscar y vient non pas en raison d’un choix véritable hormis la destination mais suite à une décision d’une extrême brutalité. Expulsion… Et bannissement de son pays. La douleur est terrible, immense. On ne sait plus. On ne sait rien. Toute une vie bascule. On espère un retour rapide. Et puis il faut s’y faire et finir par s’en convaincre : cela durera des années… et on ouvre sa valise.

Oscar fut accueilli en France par une très grande dame du théâtre français : Ariane Mnouchkine.

Après avoir continué d’écrire et de jouer des pièces en espagnol – façon pour lui de croire sans doute en un séjour temporaire – il prit la décision de transmettre en français. C’était nécessaire pour lui. Et pour son travail de création. C’était en 1977.

Il écrivait, avec ses amis, une première pièce qu’il transforma assez vite traitant de la situation de l’exilé, une pièce jouée par une troupe de comédiens eux-mêmes exilés. Etant à l’étranger pour deux mois, Ariane Mnouchkine lui prêta son théâtre, « La Cartoucherie de Vincennes ». La pièce d’Oscar, « L’exilé Mateluna », connu un succès immédiat et elle fut présentée dans plusieurs villes de France ainsi qu’à l’étranger.

Gabriel Garcia Marques en personne assista à une représentation et il déclara que c’était « la plus belle pièce sur l’exil » qu’il avait vu.

La graine chilienne prenait racine sur le sol français pour le féconder.

Mais elle développa son tronc, ses ramures et ses fleurs dans un endroit très désertique d’une ville très populaire où Oscar se sentait plus à l’aise qu’à Paris. A Ivry-sur-Seine, dans la région parisienne dans les années 80. C’est là où nous nous sommes connus et jamais quittés depuis.

L’endroit était très spécial car même des poulets couraient pendant le spectacle en picorant des miettes de pain sur le sol en passant entre les jambes des spectateurs. Danièle Mitterrand, alors première Dame de France, vint dans ce lieu étrange qu’il fallut vite mettre aux normes découlant de pareille visite officielle.

Ce lieu fut un lieu d’inspiration considérable pour Oscar. Il multiplia les créations. Et les représentations. La liste est particulièrement longue des pièces qui sortirent de son imaginaire.

Et ces créations, pour lesquelles dès 1982 il reçoit le prix Charles Dullin, attiraient des personnalités françaises très connues du monde du spectacle. Ce fut le cas de Pierre Barouh avec qui il créa toute une série de pièces et de musiques. Sait-on que la dernière chanson enregistrée par Yves Montand est sortie tout droit d’une création d’Oscar Castro et de Pierre Barouh ?

Il s’agit du « Kabaret de la dernière chance », titre de la pièce mais aussi d’une chanson, dont le grand Yves Montand pourra dire que ce fut l’une des plus belles qu’il enregistra. Et là encore, le succès était au rendez-vous et s’organisa une tournée internationale, Jusqu’au Japon où la pièce fut traduite en langue nippone.

C’est aussi l’immense photographe Pierre Doisneau – le fameux photographe du « baiser de l’hôtel de ville » – qui est séduit par ce théâtre au point d’en devenir le Président de 1988 jusqu’à sa mort. Merci Monsieur Doisneau.

La France officielle reconnut Oscar Castro et toute son œuvre jusqu’à l’honorer une première fois. Jack Lang, alors ministre de la culture, lui décerna une belle et significative décoration, celle de « Chevalier des arts et des lettres ». C’était en 1991.

Mais il était temps de changer de lieu – qui lui avait été prêté à titre provisoire – tout en restant dans cette ville d’Ivry si riche de ses habitants. Non sans quelques difficultés, vraiment absurdes, il s’installa dans une vraie salle où il se trouve désormais, depuis 1995, en même temps que lui fut accordée la nationalité française cette même année. C’était une ancienne usine de cartons située rue Christophe Colomb à Ivry. Un nom de rue particulier qui sonne comme une vraie provocation !  

Dans ce lieu moins aléatoire que le précédent, la création théâtrale d’Oscar Castro se multiplia. Au moins une pièce par an. Des représentations suivies de repas chiliens avec vins chiliens et souvent de la musique. Une ambiance très latino-américaine très prisée par le public.

Et d’autres artistes connus jetèrent l’ancre dans ce théâtre, payés comme les autres, c’est-à-dire très peu. Ce fut le cas de Pierre Richard – Le grand blond à la chaussure noire – qui fit escale pendant trois ans. Et une autre tournée internationale s’organisa les conduisant jusqu’en Sibérie.

Et ce n’est pas tout : en même temps Oscar Castro développa un théâtre très original avec des gens sans la moindre expérience artistique. Un théâtre social se mit en place avec des exclus, des jeunes, des gens de divers métiers. Une école ouverte aux jeunes est également disponible. Le théâtre ayant cette vocation de délier et libérer des personnalités enfermées sur elles-mêmes.

Le travail créatif d’Oscar Castro est considérable. Deux lignes le traversent : la fidélité à ses engagements initiaux – changer le monde ou en tout cas le rendre plus humain – et toujours ce style entre mille autres reconnaissables : un théâtre fait de provocation et de poésie, de chorégraphie et de musique. Un théâtre qui dit les souffrances mais aussi l’espoir.

Tout ce travail et ces résultats sont dus à Oscar bien évidemment. Et il est aujourd’hui reconnu par la France comme un « grand » créateur avec cette distinction la plus élevée de notre pays qui lui est décernée, la Légion d’honneur.

Mais cette œuvre n’aurait pu être réalisée sans deux autres éléments essentiels pour Oscar Castro.

Sa femme, Sylvie, avec qui l’harmonie est telle que le contrat que je leur avais demandé de signer, il y a bien des années et dans un lieu au nom devenu tristement célèbre, le Bataclan, ce contrat a été réalisé. Je leur avais demandé, devant une foule nombreuse, de s’engager dans une aventure exceptionnelle : celle de l’amour, avec tout ce que cela induit et suppose. On peut dire que cette aventure a été féconde et réussie au point qu’on ne peut pas détacher Sylvie de cette décoration d’aujourd’hui.

Et puis il y a une profonde meurtrissure : celle de ces temps effroyables que connut le Chili. Car la mère d’Oscar fut parmi celles et ceux qui furent jetés vivants dans l’océan. A jamais disparue. Mais comment l’imaginer puisqu’à l’époque nul ne savait les raisons pour lesquelles elle n’était pas rentrée à la maison. Son mari l’attendra sans bouger, espérant son retour jusqu’à l’ultime instant de sa vie.

Que la couleur qui accompagne cette décoration soit celle des roses que nous envoyons vers ta mère, Cher Oscar, aujourd’hui et en ces moments, ici à Santiago. Je sais tout ce que cela représente pour toi. Et ton choix d’être décoré ici ne doit rien au hasard. C’est aussi ta mère Julieta et ton père, mon cher Oscar, que nous mêlons et associons totalement à cette haute distinction qui t’est attribuée par la République française.

Mais je suis bien long et on s’impatiente dans la salle !

Il me faut donc prononcer maintenant les paroles officielles sans lesquelles cette cérémonie serait nulle et non avenue et te remettre, cher Oscar, cette Légion d’honneur qui t’a été décernée par l’ancienne ministre de la culture, Madame Nyssen, sur sollicitation d’Anne Hidalgo, maire de Paris. Alors voici :

 

« Oscar Castro

Au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Chevalier de la Légion d’honneur »

 

discours d'Oscar Castro recevant la légion d'honneur

17 janvier 2019

Ambassade de France au Chili

Allo Santiago, ici Paris. Ce n’est pas un appel téléphonique. C’est le titre du manuel de français que nous utilisions à l’Institut National et que je lisais frénétiquement les veilles de contrôles pour passer en rase-motte au-dessus de l’obstacle posé par Monsieur Osvaldo Arenas, notre cher “Chancho” [Cochon] Arenas, sans savoir que cette phrase “Allo Santiago ici Paris” allait devenir une obsession récurrente durant plus de 40 ans de ma vie.

Le “Chancho” Arenas était un professeur affable, un de ceux qu’on devrait garder chez soi pour ne pas oublier le pays de l’enfance qui nous manque tant. Si affable qu’il était capable de te donner rendez-vous chez lui à six heures du matin pour réviser une dernière fois et réussir le contrôle de français. Si affable qu’un jour il a arrêté son cours pour nous faire une révélation saisissante: "Les enfants, je sais que vous m’affublez d’un surnom". Nous nous regardâmes les uns les autres, entre l’angoisse et le fou rire, fou rire qui se déclencha lorsque le “Chancho” Arenas dit: "Je sais que vous m’appelez "el gordito" [le petit gros]. Un des élèves lança: "Et comment l’avez-vous su Monsieur, Comment ?"

Le Chancho Arenas, ma maison de l’Avenue Inglaterra, le parfum des oranges, les rires des amis… font partie de ces choses qui restent pour toujours au plus profond de l’être.

Ma vie a toujours vogué entre partir et revenir. Je suis parti et je suis revenu tant de fois que je ne sais plus où se trouvent le point de départ et le point de retour. Mais ce dont je suis persuadé c’est qu’avec tous ces allers-retours j’appartiens aux deux patries et ces deux patries m’appartiennent corps et âme, jusqu’aux os.

La première fois que j’ai quitté Colin - que j’ai appelée dans la fiction de mes œuvres de théâtre Maquegua, un village voisin avec un nom théâtral, alors que le Colin de mon enfance était connu avec ce nom peu glamour, comme le village des ânes - j’ai fait mes adieux à ma mère et, au milieu de cette nébuleuse d’allers et retours, c’est le seul événement qui reste inaltérable dans ma mémoire.

La saveur du lait maternel, celle du premier baiser et de la première déception, le premier enfant et la première fois sur les planches, sont trop importants pour les oublier bien que ta patrie t’ait renié trois fois, qu’elle t’ait expulsé et qu’elle ait apposé un L infamant sur ton passeport, un L qui me remplit aujourd’hui de fierté pour tout ce qu’il signifie. Cette lettre L qui m’interdisait à vie de retourner dans l’unique patrie que je connaissais, l’endroit où je suis né, où j’ai rêvé et où j’ai perdu maman à jamais.

Tout ça ne s’oublie pas bien que ta patrie adoptive ait pansé tes plaies, qu’elle ait ouvert ses portes, qu’elle t’ait contraint à ouvrir tes valises et qu’elle t’ait donné des ailes pour voler chaque fois plus haut.

On oublie encore moins quand ta mère, celle qui t’a donné la vie, détenue il y a presque 50 ans, reste à jamais disparue.

Pour tout cela, je vais et je viens, je pars et je reste, je parle deux langues et aucune, je suis d’ici et de là-bas.

C’est un voyage constant, un aller qui ne finit jamais et un éternel retour dans le sens des aiguilles d’une montre comme dans le sens inverse.

Ce ne fut pas un voyage facile et je préfère vous épargner les détails. Mais pour passer chaque épreuve, pour accéder à chaque réussite et pour persister dans chacun de mes rêves, j’ai un talisman infaillible, un secret qui coule dans mes veines, un cheval pour toutes mes batailles : l’enthousiasme.

Vous savez ce que signifie enthousiasme ? Ça vient du grec “entusiasmos” qui signifie détenir tous les dieux de l’univers à l’intérieur du corps. Pas mal ? Hein ? Et jusqu’à ce jour je ne savais pas que j’avais tous les dieux de l’univers en moi. Mais mon ignorance ne m’a pas mal réussi.

Par enthousiasme j’ai été capable d’aborder le recteur de l’Université Catholique, Don Fernando Castillo qui nous a octroyé la salle de Lastarria 90 alors qu’on n’avait pas encore 20 ans.

Par enthousiasme nous avons fait du théâtre sans savoir en faire et nous avons gagné les prix de la critique avec nos premières pièces de théâtre.

Par enthousiasme nous avons contraint Pepe Duvauchelle à diriger notre première pièce, nous avons fait d’Hector Noguera notre mentor et notre ami, nous avons appris de notre maître Eugenio Dittborn et nous avons fait la fête avec Grotowski une nuit à Cordoba.

Par enthousiasme je fus capable, non seulement de supporter la prison mais aussi de rêver et faire rêver des milliers de camarades détenus dans les camps de concentration.

Par enthousiasme je suis arrivé sans rien à Paris où j’ai reformé mon groupe, j’ai fait du théâtre en espagnol où personne ne me comprenait et j’ai fini par construire mon propre théâtre.

Par enthousiasme j’ai travaillé avec Marcel Marceau, avec Ariane Mnouchkine, avec Peter Brook, avec Pierre Barouh, Pierre Richard, Adel Hakim, Claude Lelouch, Mikis Theodorakis, Danielle Mitterrand, Gabriel Garcia Marquez, et tant d’autres maîtres qui m’ont offert leur talent et leur amitié.

Par pur enthousiasme j’ai fait du théâtre n’importe où, n’importe quand, n’importe comment, avec n’importe quoi et n’importe qui. Et c’est ainsi que l’Aleph ne distingue pas le théâtre professionnel du théâtre amateur, entre les acteurs confirmés et les débutants, parce que tous sont partie d’un seul et même spectacle.

Par enthousiasme nous faisons du Théâtre populaire et par enthousiasme nous inventons le Théâtre des Gens et des métiers (TGM) où des personnes qui n’ont jamais fait de théâtre se transforment, après quelques jours intenses et remplis d’enthousiasme, en protagonistes de l’œuvre de leur vie.

Et c’est grâce à l’enthousiasme que j’ai reçu des distinctions et des reconnaissances surprenantes et inespérées. Tout ça pour un travail que j’exerce depuis très jeune pour une raison peut-être trop simple : je ne sais pas faire autre chose, raison pour laquelle il ne s’est pas passé un jour de ma vie sans que je ne fasse du théâtre. C’est ma passion, ma compagnie, ma famille et mon refuge. C’est ma manière d’être dans ce monde et croyez-moi, il n’y a pas plus ahurissant que d’être décoré pour faire ce qui te plaît le plus dans ta vie.

Grâce au théâtre j’ai reçu une distinction qui m’accompagnera jusqu’au jour de ma mort: Étant prisonnier dans le camp de concentration, je fus nommé par mes camarades Maire de la République Indépendante de Ritoque, proclamé comme unique territoire libre du Chili parce que le reste des chiliens étaient otages de la dictature. Avec un frac en lambeaux, un haut-de-forme sans fond et une écharpe présidentielle tricolore délavée sur le torse, j’étais le dépositaire des peines, des joies et des espérances des prisonniers et nous résistions ainsi avec les armes de la culture contre la volonté de nous détruire l’âme.

Je fus, après Luis Corvalán, un des derniers prisonniers à quitter le camp de concentration pour recevoir l’accueil humanitaire de la France, cette France que le “Chancho” Arenas nous avait enracinée dans le cœur. Je me souviens encore de l’accolade de bienvenue que Roland Husson m’a donnée dans le camp de concentration, m’annonçant la nouvelle que la France me recevait et que je sortais sous la protection du gouvernement, Roland Husson, ce formidable et vaillant attaché culturel de l’ambassade de France qui a sauvé des vies et libéré des prisonniers et que nous n’oublierons jamais.

Je suis alors parti, sans autre bagage que les morceaux du pays qui me restaient et une valise remplie d’enthousiasme. Oui, le même enthousiasme qui m’avait amené à créer le théâtre Aleph sans avoir jamais foulé une scène, le même qui m’a poussé à emmener le théâtre dans les lieux où le peuple vivait, le même qui m’a permis d’être heureux derrière les barbelés des camps.

Quand je suis arrivé à Paris, les comédiens du théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine m’attendaient et ils m’ont prêté un petit appartement sous les toits d’où je voyais la tour Eiffel. J’ai voulu prendre une photo de la tour mais on ne la voyait pas en entier car la fenêtre était trop petite. Alors, j’ai pris la tête, puis le milieu et les pieds et j’ai pu coller les trois photos et je me suis dit, voilà le secret de l’exil : savoir recoller les morceaux.

Puis la France s’est chargée de tout me donner. Quand j’écrivais pour rassembler les morceaux, ce qui te reste dans l’exil, on m’a nommé, ce qui était inimaginable, membre du PEN Club de Paris. Imaginez un peu, le troisième chilien après Pablo Neruda et Vicente Huidobro et le premier indien Picunche à entrer dans l’Olympe des lettres françaises.

Ensuite, encore moins probable, on m’a nommé Chevalier des Arts et des Lettres de la République française, une distinction pour les grands de la culture française et moi, le petit indien, avec mon petit théâtre à Ivry sur Seine, la commune communiste qui m’a reçu avec ma famille quand nous sommes arrivés sans rien du Chili.

Une des distinctions qui me plaît le plus c’est celle que m’a octroyée la ville de Corbarieu, qui organise depuis plus de quinze ans au mois de juillet le festival Mediodia de Aleph, dont je suis président d’honneur, qui réunit théâtre, musique et peinture latino-américaine. Ce festival comprend également des activités sportives dont le point culminant est le championnat de pétanque, jeu national français, qui porte le nom de "Challenge Oscar Castro". Imaginez ce que cela représente pour moi qui n’ai jamais su jouer à la pétanque !

Enfin, dans le parc de ce village, les organisateurs du festival ont planté un araucaria venu du Chili qui porte le nom de Julieta, en souvenir de maman.

Je me souviens d’un jeu quand j’étais enfant qui consistait à dire ce qu’on aimerait être si on renaissait. Un disait : moi j’aimerais être un lion ; un autre disait : moi j’aimerais être un cheval… Je ne savais pas que ma mère voulait être araucaria. Et maintenant je suis heureux car je la vois chaque année lorsque je vais là-bas.

Quand on a reçu autant on devrait être blasé. Mais croyez-moi, ce 14 juillet, jour de la fête nationale en France, nous étions en Grèce au pied du mont Pélion, la montagne où les dieux venaient se reposer, et j’ai reçu une nouvelle si incroyable que je n’ai rien trouvé de mieux que de rentrer tout habillé pour m’enfoncer dans la mer Egée, comme "Alfonsina y el mar", cette merveilleuse chanson qui me rappelle toujours maman.

Au journal officiel français, le Président de la République m’avait nommé Chevalier de la Légion d’honneur, la plus grande distinction de l’état français qui m’a été octroyée pour cinquante ans de service comme dramaturge, metteur en scène, acteur et directeur d’un théâtre. En tant que citoyen français j’aurais dû recevoir la décoration en France, des mains d’un Chevalier renommé. Mais je voulais, avec cette distinction, unir mes deux chemins, de départ et de retour. Je voulais que ce cadeau de la France soit aussi un cadeau pour le Chili. Et une fois de plus ma mère adoptive, ma France éternelle a fermé les yeux et a dit Oui.

Contre tout protocole, et grâce à son excellence l’ambassadeur de France au Chili, on m’a permis de recevoir la Légion d’honneur à 11.000 kilomètres de distance, ces kilomètres que le député Jean Claude Lefort a dû également parcourir pour être avec nous ce soir pour me remettre la décoration. Aujourd’hui se trouvent ici la patrie où je suis né et que je n’ai jamais pu quitter et la patrie qui m’a reçu et que je n’abandonnerai jamais.

Maintenant tout est prêt, disposé, comme il faut, mais attention, cette décoration ne marque pas la fin de cinquante ans de vie artistique, c’est le commencement des prochains cinquante ans que j’accomplirai en France comme au Chili avec Gabriela Olguin, directrice du théâtre Aleph Chili et avec une quantité fabuleuse de personnes qui avec enthousiasme a su remonter le théâtre Aleph au Chili, à la Cisterna… Tout cela avec que de l’enthousiasme, que de l’enthousiasme…

 

V FESTIVAL MIL VECES METROPOLITANO

18 - 26 ENERO 2019

Festival en la sala Julieta - La Cisterna

Point Némo // Jeanne Frenkel & Cosme Castro • La Comète

6 au 17 novembre

Monfort Théâtre

Métacinéma [metasinema] : n. m. art consistant à projeter des films en même temps qu’ils sont tournés.

Jeanne Frenkel et Cosme Castro, ce duo de créateurs déjantés, reviennent avec une nouvelle création.

Deux frères jumeaux décident d’explorer la mémoire de leur mère avant qu’elle ne perde définitivement tous ses souvenirs. Confrontés à cette fatalité, Thibaut et Julien voient leurs mémoires s’effacer au fil du temps. Pour faire le deuil, les deux frères s’aventurent dans un grand voyage onirique à la recherche du Point Némo. Isolé du reste du monde et si profond qu’aucune lumière n’y pénètre, le Point Némo est le pôle maritime d’inaccessibilité, le point de l’océan le plus éloigné de toute terre émergée.

Dans un dispositif scénique innovant, Point Némo explore la science-fiction et les nouvelles technologies en repoussant encore une fois les limites du métacinéma.

DISTRIBUTION

conception et mise en scène Jeanne Frenkel et Cosme Castro

avec Thibaut Evrard, Julien Campani et Julia Faure

musique Flavien Berger

image de synthèse Valentin Goulmy

directeur technique Xavier Lescat

sound design Mathias Pradenas

son Kevin de Lorgeril

costume Nathalie Saulnier

production La Comète! Paul des Lyons et Arthur Alagille © Artwork La Comète!

INFORMATIONS PRATIQUES

Monfort Théâtre 106 RUE BRANCION 75015 Paris

M° Porte de Vanves / Tram Brancion

Billetterie en ligne ou par téléphone au 01.56.08.33.88

https://bit.ly/2y3envx La Comète !

http://www.lacometefilms.com/

LA DEMOCRATIE DE LA PEUR

24 novembre 2018

La nouvelle création du théâtre Aleph

Sueño de un taller de verano

18 octobre 2018

le spectacle des latinactor du Chili vient à Paris pour une représentation exceptionnelle

"Sueño de un taller de verano"

Spectacle en espagnol par les acteurs du Teatro Aleph du Chili.

"Songe d'un atelier d'été"

On dit que les rêves sont faits pour être réalisés...  C'est la phrase lancée par la professeure de théâtre à un groupe d'étudiants qui ne sont jamais sortis de leur pays, le Chili, pour les pousser à réaliser le rêve qu'ils n'ont jamais osés penser à leur portée: venir présenter une pièce de théâtre en France... Le groupe s'interroge sur le moyen de trouver l'argent pour financer le voyage de chacun, mais aussi sur les sujets à traiter pour faire découvrir leur pays aux français... C'est ainsi que chacun d'entre eux commence à entrer dans les songes de l'autre.

Textes d'Oscar Castro

Adaptation et mise en scène: Gabriela Olguin

Avec: Jacqueline Rojas, Oscar Contreras, Cristobal Vallejo, Maria Jose Lopez y Gabriela Olguin

ALEPH NEWS

28 SEPTEMBRE 2018

Attention nouvelle création

ALEPH NEWS SEPTEMBRE 2018

SEPTEMBRE 2018

Tignous à la Sala Julieta

COURS DE PERCUSSIONS

Lundis de 19h à 20h

Avec l'association Abakuya - Saison 2018/2019

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