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Oscar Castro Hasta siempre

25 avril 2021

Notre grand Oscar Castro nous a quittés le dimanche 25 avril 2021.

Cher public, chers amis, chers partenaires.
J'ai pris du temps avant de m'adresser à tous, et je m'en excuse, tellement l’événement fut d'une violence foudroyante et surréaliste.
Notre grand Oscar Castro nous a quittés le dimanche 25 avril 2021.
Le directeur du Théâtre Aleph, fondateur, dramaturge, metteur en scène, comédien, mais aussi pour moi depuis 33 ans, mon Oscar, ma moitié, mon complice, mon meilleur pote, mon frère, mon fils, mon maître, mon metteur en scène, mon disciple, mon collègue, mon délinquant, mon Cambono Rey, mon Ange.
Tous les deux, on s'est accompagnés depuis si longtemps, on s'est fait énormément grandir l'un et l'autre, tant individuellement que dans notre union, dans notre si joli couple. Après s'être apprivoisés, notre amour s'est consolidé chaque fois plus, et plus, à la maison comme au théâtre, jusqu'à aujourd'hui, et pour bien longtemps encore. On a conduit fermement ensemble, la barre de notre navire de guerre, le Supertricio, l'Aleph, face aux tempêtes, aux bagarres, aux douleurs, aux incompréhensions, aux délices, aux joies immenses, aux folies, aux créations, aux tournées.
Oscar, cher auteur, cher créateur, tu as lutté toute ta vie pour le bonheur de tes contemporains. Ce fut un magnifique programme, qui a donné un véritable sens à ton existence. Et tu as semé autour de toi, cette puissante pensée, à la fois philosophie, remède, secret qui soigne, nous révélant que : « Nous tous possédons à l'intérieur du cerveau une glande qui la faculté de produire la Force "E". Cette force "E" fabrique l’Enthousiasme, un mot qui vient du grec "entusiasmós" qui signifie Posséder à l’intérieur du corps tous les Dieux de l’univers. ». Magnifique !
Avec ce même enthousiasme, je tiens à vous remercier du fond du cœur, chacun, chacune, si nombreux, pour votre puissant soutien, vos messages réconfortants, vos si belles paroles, vos fleurs, attentions, dons. Et vous les avez exprimés avec tellement d'amour et de générosité, ces sentiments nobles, précieux, intenses et sincères qu'Oscar savait si bien donner à tous.
Et moi je vous promets à tous, je te promets Oscar, je vais poursuivre ton œuvre, immortelle. Je vais poursuivre la navigation de notre navire de guerre, l'Aleph. En France. Et au Chili. Accompagnée par Oscarito, Coco, Anaï, Andréa, Sébastien, et mes 4 complices, les pirates, Natacha, Catherine, Béné et Gaby.
Merci pour tout Oscar, pour ton œuvre, pour ton humour et ton amour tellement immenses.
Je serai digne de toi et de ce grand homme que tu es. Je sais que tu vas m'aider, que tu seras toujours là à mes côtés. Et puis c'est drôle car j'étais ta muse, et je sens que bientôt tu vas devenir MA muse.
Je vous embrasse tous affectueusement
Sylvie Miqueu
Théâtre Aleph
PS : Vous trouverez ci-dessous trois liens, vers le livre d'or, la cagnotte, et le montage-vidéo réalisé par Oscarito et Cosme Castro.
 
 
 

bonne année feliz año nuevo

1er janvier 2021

dessin d'Alfredo Cifuentes

2021 sera une année où nous naviguerons dans des courants inconnus, mais nous vaincrons car il ne faut pas oublier que toute déroute est une étrange victoire. 

L’année que nous quittons nous a réservé de grandes surprises. Pour cette nouvelle année, l’Aleph ne veut pas revenir à la normalité si celle-ci ne vient pas avec "Dignité, Justice et Liberté"

Avec force nous construirons cette nouvelle histoire. Tels sont nos vœux. Et il ne faut pas oublier non plus que le théâtre Aleph possède un navire de guerre, le fameux "Supertricio".

Très belle année à tous.

El 2021 será un año en el que navegaremos en corrientes desconocidas, pero ganaremos porque no hay que olvidar que toda derrota es una extraña victori. El año que se va nos dejó grandes sorpresas. El Aleph no quiere este año volver a la misma normalidad si esta no llega con “Dignidad, Justicia y Libertad”

Fuerza para construir esta nueva historia. Son los deseos del Aleph. Tampoco tenemos que olvidar que el teatro Aleph tiene un buque de guerra el famoso “Supertricio”

Feliz año nuevo a todos

STAGES DE FORMATION PROFESSIONNELLE ET D'ENTRAINEMENT

OCTOBRE 2020 - JUIN 2021

La voix pour le travail de l'acteur

Il s'agit d’explorer la capacité vocale de l'acteur de manière individuelle et collective. Les ateliers que je propose permettent de prendre conscience de sa voix de manière perceptive et sensorielle.

En offrant différents espaces créatifs, cette méthodologie permet d'agrandir la gamme de possibilités, ainsi que la compréhension de son propre fonctionnement phoniatre et la façon de se l'approprier.
Cette méthode pédagogique se base sur un training physique associant la voix et le corps : première étape pour arriver au processus créatif où les participant(e)s apprennent à se débarrasser de leurs automatismes, de leurs habitudes de travail, et développer leurs propres particularités.

L’intervenante

LAURA FUENTES MATUS est comédienne chilienne, professeure et directrice d'acteurs. Spécialiste du travail de l'acteur issus des pratiques vocales du Roy Hart - Panthéâtre, elle est aussi diplômée de l'Université Paris 8 (Master Recherche Arts de la scène et du spectacle vivant) ou elle enseigne désormais le théâtre contemporain en espagnol.

Elle est  aussi directrice artistique de l'association Pemehue CAI (coopération artistique internationale). Elle transmet sa démarche dans le travail vocal depuis 2005, enseigne à Paris depuis 2014, et a aussi été invitée à présenter sa pédagogie au Mexique, au Chili, en Russie, en Grèce, et en Indonésie, assurant ainsi la préparation vocale de divers artistes venant du théâtre, des arts plastiques ou de la danse. Sa pédagogie singulière est née de toutes ses expériences.

Quand ?

24 et 25 octobre 2020
28 et 29 novembre 2020
12 et 13 décembre 2020
30 et 31 janvier 2021
27 et 28 février 2021
27 et 28 mars 2021
24 et 25 avril 2021
29 et 30 mai 2021
26 et 27 juin 2021

Horaires

Samedi 13h-17h
dimanche 10h-14h

Plus d'infos 

Newsletter : https://mailchi.mp/a617f67d9830/atelier-la-voix-pour-le-travail-de-lacteur-4019919

Facebook : https://www.facebook.com/lavoixetlejeudelacteur

Atelier de théâtre en espagnol / Taller de teatro de verano

DU 17 AOÛT 10 H 00 AU 30 AOÛT 17 H 00

Ouvert aux étudiants bilingues français-espagnol (de toutes universités). Places limitées !

 

La troupe de théâtre en espagnol de l'Université Paris 8 invite les étudiants à participer à un atelier de recherche et de création sur « les voix étudiantes dans les mouvements sociaux en France et au Mexique, en 1968 et aujourd'hui, nos propres manifestations et le confinement qui a suivi ». Sous la direction de Laura Fuentes Matus.

Résidence artistique au Théâtre Aleph à Ivry Sur Seine, 30 Rue Christophe Colomb 942000 Ivry Sur Seine, du 17 au 30 août de 10h-17h. http://www.theatrealeph.com

Inscriptions et plus d’infos : babel.rolande@hotmail.fr +33787817654

Récapitulatif du travail de création :

Laboratoire de création en résidence artistique d’été de la troupe de théâtre en espagnol de P8.

Il s’agit d’un croisement de multiples dramaturgies à partir d’extraits de l’œuvre Fragments d’une amulette brisée, de Ángel Hernández (Mexique), et d’Amulette de Roberto Bolaño (Chili). À travers eux, les mouvements sociaux de 1968 au Mexique et en France nous reviendraient comme des souvenirs ; un voyage entre le passé et le présent, ici et maintenant avec nos propres manifestations en tant qu’étudiants et notre enfermement pendant le confinement vécu récemment.

La notion de « jouer comme dans un rêve » travaillée par le metteur en scène russe Kostantin Bogomolov sera l’un des trois axes principaux de la direction d’acteur, avec les notions d’acteur créateur (biographie / document / documentaire / témoignage) et théâtre laboratoire. Laura interroge l’art du travail de l’acteur, l’image et la notion d’ici et maintenant.

Il s’agira d’une mise en scène et d’un jeu de miroirs entre la fiction, la réalité scénique, et celle de la compagnie de théâtre en espagnol de l’université qui vit son propre confinement (mise en suspens du processus créatif, adaptation au télétravail, le réel face à la présence virtuelle…). Le processus se conclura par une présentation à l’université et quelques interventions à définir. Le matériau qui surgira de cette création sera un axe autonome, qui sera sans aucun doute inclu dans la création professionnelle en marche, comme partie intégrante de notre recherche de « in situ ».

Travail en collaboration avec l’auteur mexicain Angel Hernández et la traductrice Marion Cousin.

Mise en scène et préparation vocale : Laura Fuentes Matus.

Préparation corporelle et assistante à la mise en scène : Sofía de Sanctis.

Avec : Rolande Baben, Maëlle Mas, Thomas David, Mariela Tala, Cristian Vergara

L'atelier se terminera par une présentation publique.

Une activité soutenue par le département d'espagnol de l'Université Paris 8, le FSDIE et l’association de théâtre étudiant TEP 8.

Un grand merci au Théâtre Aleph qui nous accueille.

 

À propos de :

Laura Fuentes Matus est comédienne chilienne, metteuse en scène, professeure et directrice d’acteurs, elle est spécialiste des pratiques vocales du Roy Hart-Panthéâtre, est diplômée du Master Recherche Arts de la scène et du spectacle vivant Université Paris 8 et directrice artistique de l'association Pemehue CAI (coopération artistique internationale). Elle dirige l’atelier professionnel « La voix pour le travail de l’acteur », et a aussi été invitée au Mexique, au Chili, en Russie, en Grèce, et en Indonésie.

Ces dernières années, elle s’est consacrée à la création et à la diffusion de sa pièce "Je ne suis pas tout à fait moi-même". Tandis qu’au Chili, en tant qu’actrice, elle a travaillé entre autres avec les réalisateurs Raoul Ruiz, Ricardo Larrain, Nicolas Acuña et Arnaldo Valsecchi. Elle met aussi en scène "Fragments d’une amulette brisée". 

https://www.facebook.com/lavoixetlejeudelacteur

Sofía Flavia De Sanctis :

Est actrice, diplômée de l'Université des Arts Dramatiques (UNA) de Buenos Aires. Elle s'est formée avec Guillermo Angelelli, Elías Cohen, le Teatro de los Andes et Alejandro Tomás Rodriguez. Elle a travaillé avec les compagnies de théâtre Abismo et Casa Talcahuano. Elle a joué dans différentes pièces. Elle fait actuellement partie de la compagnie de théâtre Atlántica et a commencé un Master en recherche création à l'Université Paris 8.

L'Atelier pratique de Théâtre contemporain en espagnol est né en 2019 à l’Université Paris 8 dans le département de l’Action Culturelle et Artistique.

Nous travaillons la formation d’acteur en même temps que la pratique de la langue espagnole, en scène, face au public, avec la mise en place de projets d'échanges et de collaborations artistiques. C'est ainsi que nous avons travaillé la première année sur la pièce "Aproximación al interior de una ballena" de l’auteur mexicain Angel Hernández, en colaboration avec l’acteur Manuel Delgado. Tous deux ont été invités à venir en France assister à la dernière étape de travail. Nous accueillerons cette année 2020/2021 l'auteur chilien Guillermo Calderón, scénariste et metteur en scène de théâtre contemporain, qui interviendra à la fin du processus. L’atelier reprendra en septembre.

Notre troupe réunit des étudiants de différentes universités et écoles de beaux arts, ayant à coeur l’échange culturel.

 

Michel PICCOLI

19 mai 2020

L'humaniste

J’ai travaillé il y a quelques années avec Michel Piccoli sur le film de Pierre Richard, "La cavale des fous". Ce fut un moment très spécial pour moi.

Ma sœur Marieta était sortie avant moi des camps de concentration. Arrivée à Paris, elle a remué ciel et terre en formant un groupe de soutien pour obtenir ma libération. Elle a obtenu de cent intellectuels et artistes français qu’ils signent une lettre réclamant ma libération. En tête des signataires se trouvait Aragon et dans la liste on trouvait les signatures de Michel Piccoli et de Pierre Richard.  Aucun d’entre eux ne me connaissait, ils signaient par pure solidarité avec les artistes de notre pays.

Au milieu du tournage de "La cavale des fous", lors d’une pause déjeuner, nous étions tous les trois assis à table. Je leur racontai l’histoire de la lettre de soutien et Michel qui était un humaniste me dit avec surprise : "Je ne pensais pas que signer ce type de lettre pouvait aboutir à quoi que ce soit". Et Pierre ajouta avec son humour légendaire : "Si j’avais su, je ne l’aurais pas signée".

Je me souviendrai toujours de ce moment magique qui démontre encore que chaque goutte peut faire déborder le vase.

Merci Michel pour ta goutte qui, avec celle de chacun des humanistes comme toi, nourrit la fontaine de demain.

ÓSCAR CASTRO

Hace uno años trabajé con Michel Piccoli en un film de Pierre Richard “La fuga de los locos” Fue un momento muy especial para mí.

Mi hermana Marieta salió antes que yo del campo de concentración y llego a París donde formo un grupo de apoyo por mi liberación y logro que cien intelectuales franceses de los más importantes firmaran una carta pidiendo mi liberación. La carta la encabezaba el gran poeta francés “Aragon” y por orden alfabético salían los nombres de estos dos actores Michel Piccoli y Pierre Richard los dos y no solo los dos, todos los que figuraban como firmantes, no me conocían y lo hacían por solidaridad con nuestro país.

En el medio de la filmación de “La fuga de los locos” llego la pausa para almorzar y nos fuimos los tres juntos y nos sentamos en una mesa. En un momento les conté la historia de la carta. Piccoli, que era un humanista, dijo sorprendido:

“No pensé que firmar una carta de ese tipo, sirviera para algo” y Pierre Richard agrego “Si yo hubiera sabido, ¡no la firmo!”

Siempre recordare ese momento mágico que me demuestra que cualquier gota puede rebalsar un vaso.

Gracias, amigo Michel por tu gota que junto con las de otros humanistas como tú, están construyendo la fuente del mañana.    

 ÓSCAR CASTRO

 

 

LUIS SEPULVEDA

16 Avril 2020

Un fauteuil pour Luis Sepúlveda

Depuis aujourd’hui il y a un fauteuil vide dans le théâtre de mon cœur. C’est le fauteuil de Lucho Sepúlveda, un fauteuil qui a toujours été disponible pour le recevoir avec les honneurs, à toutes les représentations et partout où la vie pouvait nous réunir.

Mon amitié avec Luis Sepúlveda est intimement profonde et remonte au temps où Lucho n’était pas encore Luis Sepúlveda. Je faisais mes premiers pas sur les planches, alors qu’il était jeune élève à l’Institut National. Il est devenu un habitué de notre théâtre qui venait de voir le jour dans une vieille bicoque de Lastarria 90.

Un jeune qui, comme tout bon lycéen de l’éducation publique, n’avait pas un sou pour acheter son ticket d’entrée mais qui, enthousiasmé par notre style insolent et libertaire, profitait de l’absence de contrôle et du bref tour d’horizon que l’on faisait sur le public, sans préoccupation de la recette, et avec pour seul intérêt, notre amour immense du théâtre.

Jusqu’à ce qu’un jour, l’Aleph décida, comme mesure de bonne administration, de mettre fin à l’anarchie et ordonna aux jeunes chargés de la billetterie de ne laisser entrer personne sans billet, comme tout bon théâtre qui se respecte. Ce jour-là, bien sûr, Lucho se présenta accompagné d’une jeune fille sur laquelle il avait porté son dévolu et qu’il voulait impressionner en l’invitant à un spectacle de l’Aleph et en partageant la fin de soirée avec les acteurs. Un préliminaire magistral aux jeux de l’amour.

Il fut la première victime de notre nouvelle mesure. ʺNon Monsieur, la maison ne fait plus créditʺ. La jeune fille ouvrit son sac et trouva juste ce qu’il fallait pour payer une entrée. L’Aleph,  restant malgré tout généreux, fit une exception et accepta de vendre deux tickets pour le prix d’un.

Cette honte que Lucho Sepúlveda porta toute sa vie et qu’il me resservit à chaque fois qu’on prenait une cuite ensemble, marqua une amitié qui nous lia pour toujours, joignant nos destins et nous rendant complices d’une histoire qui nous unissait depuis nos origines.

Nous sommes tous deux nés en province, lui à Ovalle et moi à Colín, première station de la voie ferrée reliant Talca à Constitución. Arrivés à Santiago, nous avons étudié à l’Institut National, tous deux avec notre sang Mapuche, moi pour mes ancêtres Picunche, et lui par le nom de sa mère, Calfucura. Lui, racontant la vie dans ses romans et moi, la représentant sur scène. Moi, faisant du théâtre dans les quartiers populaires et lui, accompagnant le Président Allende dans sa croisade pour le Chili. Et dans l’exil, toujours deux indiens traversant l’océan, pour conquérir l’Europe d’un revers de la main avec la plume et avec le théâtre : nos armes invincibles pour la paix.

Puis nous fûmes deux oiseaux migrateurs, errant de par le monde, et nous nous sommes souvent retrouvés. Pas autant qu’on le souhaitait, mais nous n’avons jamais perdu l’opportunité de nous parler à distance, et encore moins de faire la bringue et de profiter de la vie quand elle nous donnait la possibilité de nous retrouver… Que ce soit dans sa maison de Gijon en Asturies ou chez moi à Vitry, mais aussi à chaque fois que notre mission de conteurs d’histoires nous réunissait.

Nous avons eu aussi la chance de travailler ensemble et de vivre des moments inoubliables. Quand Lucho, passant par Paris, joua dans ʺLe Kabaret de la Dernière Chanceʺ, interprétant un personnage que j’ai créé pour l’occasion… Quand j’ai joué en Argentine dans son film "Nowhere" et que nous bavardions des nuits entières sous les étoiles du ciel de Salta.

Nous avons vécu ensemble l’aventure de la vie et, comme tout le monde le sait, Lucho fut toujours un aventurier, un globe-trotteur audacieux et persévérant, courageux et loquace. Alors, quand il écrivait ʺLe vieux qui lisait des romans d’amourʺ ou ʺHistoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à volerʺ et tous ces contes et récits qui peuplent sa narration, il n’a fait que sublimer les histoires qui ont croisé son chemin, et qui ne lui ont pas laissé d’autre choix que de les publier pour conquérir les cimes de la littérature universelle.

Oui, nous étions amis. Alors, quand j’ai appris le 29 février qu’il était malade, devenant ainsi un des premiers créateurs victimes de la pandémie, j’ai ressenti qu’on m’internait moi-même à l’Hôpital Universitaire Central des Asturies et qu’on me plongeait dans le coma sous respiration artificielle, luttant pour la vie. Et aujourd’hui, quand j’ai appris son départ, j’ai senti au fond de moi-même que le souffle de la vie s’échappait dans un voyage sans retour.

Aujourd’hui, j’ai le cœur brisé et le fauteuil vide. Mais il sera toujours réservé pour le jour où le Lucho de ma jeunesse et le Luis Sepúlveda de toujours s’échappera de l’immortalité pour venir faire un petit tour au Théâtre Aleph, où une entrée non payante lui est garantie, par ordre du commandant de bord.

ÓSCAR CASTRO

16 avril 2020

Personne ne parlera mieux de notre fraternité que mon ami Lucho

Un jour, alors que nous répétions une scène du film que nous faisions ensemble - parce qu’Oscar, alias Le Cuervo ne s’unit pas, ne se réunit pas, mais fusionne, selon le dicton chilien, et il partage ainsi tout ce qu’il sait avec une incomparable générosité -, je lui ai raconté une vieille rancœur qui faisait partie de ma géographie sentimentale : un jour, il y a de cela de nombreuses mais très nombreuses années, je n’ai pas pu entrer à l’Aleph à Santiago, parce que je n’avais pas assez d’argent pour payer le ticket. Ce qui suit pourrait être un conte, mais ça n’en n’est pas un.

Je m’explique : La lune était énorme sur le désert de Cafayate, à la frontière entre l’Argentine et la Bolivie, et Oscar Castro tournait une scène nocturne de Nowhere avec l’acteur argentin Ariel Casas. Ils jouèrent de façon stupéfiante et une prise suffit pour que la cameraman dise "C’est bon, excellents tous les deux", et je n’eus plus qu’à acquiescer.
Alors, Oscar et Ariel se démaquillèrent, retirèrent leur costume, et à la sortie de la roulotte sous un ciel aux mille étoiles, Oscar m’embrassa. Nous partîmes voir le troupeau de guanacos qui jouaient aussi dans le film et qui, va savoir pourquoi, n’acceptaient que les ordres d’Oscar et crachaient au visage de leur gardien à chaque fois que ce dernier tentait de reprendre sa place de chef de troupeau.
En regardant les étoiles et les guanacos, Oscar me dit : “Mon frère, je veux que tu saches que, depuis hier, ou avant-hier, tu as entrée libre dans toutes les salles où l’Aleph se présentera.”. Vous savez ce que ressent le réalisateur d’un film quand un acteur a donné plus que ce qu’on lui demandait, quand il a donné tant d’humanité et de richesse au personnage que l’auteur s’étonne lui-même de ce qu’il a écrit ?
Deux années plus tard j’allais à la remise de diplôme de mon fils.
Sa thèse consistait en un court-métrage intitulé Un ami de mon père, et c’était Oscar, le Cuervo, avec son inépuisable capacité d’être ce que le scénario exige, avec son talent pour donner la vie à ce qui naît dans l’incertitude.
Le directeur de l’école de cinéma de Munich, Wim Wenders, vint me voir à la fin de la projection pour me dire : “Ce type, ton ami, c’est un monstre, quel acteur !”.
Et naturellement, je lui ai répondu : “Il faut savoir où trouver ses amis”.

Tu ne sais pas combien tu vas me manquer

Le Cuervo martyrisé

Una butaca para Luis Sepúlveda

Desde hoy hay una butaca vacía en el teatro de mi corazón. Es la butaca de Lucho Sepúlveda, que desde siempre ha estado disponible para recibirlo con honores en cualquier función y en cualquier lugar donde nos junte la vida.

Mi amistad con Luis Sepúlveda es entrañable y se remonta a los tiempos en que Lucho todavía no era Luis Sepúlveda. Yo daba mis primeros pasos en las tablas, cuando un joven alumno del Instituto Nacional se convirtió en un visitante obligado de las funciones que nuestro recién formado Teatro Aleph realizaba todos los días en la vieja casona de Lastarria 90 que lo vio nacer. Un joven que como buen estudiante de la educación pública no tenía plata para comprar su entrada y que, entusiasmado con nuestra forma de teatro irreverente y libertario como él, aprovechaba el nulo control y la vista gorda que hacíamos, despreocupados del billete y enfocados en el inmenso amor al teatro.
Hasta que un día, como una medida de buena administración que no pasó de ser un fugaz saludo a la bandera, en el Aleph decidimos que había que poner fin a la chacota e instruimos a los chicos de la boletería que no iba a entrar nadie que no pagara su entrada, como en cualquier teatro decente que se hiciera respetar. Ese día por supuesto que llegó Lucho y más encima venía acompañado de una chica en la que había puesto todos sus empeños y a la cual quería impresionar invitándola a una obra del Aleph y a compartir con los actores después de la función. Una movida magistral en el juego del amor.

Fue la primera víctima de la nueva ley. No señor, la casa no da crédito. La chica abrió su cartera y juntando peso tras peso le alcanzó para una sola entrada. El Aleph se puso caritativo y haciendo una excepción aceptó el dos por una.

Ese bochorno que Lucho Sepúlveda se encargó toda la vida de echarme en cara cada vez que nos íbamos de copas, marcó una amistad que nos uniría para siempre, juntando nuestros destinos y haciéndonos cómplices de una historia que nos hermanó desde nuestros orígenes.

Los dos nacimos en provincia, él en Ovalle y yo en Colín, primera estación del ramal de Talca a Constitución, llegamos a Santiago y estudiamos en el Instituto Nacional; los dos con sangre mapuche, yo por mis ancestros picunches y él por el apellido Calfucura de su madre; él narrando la vida a través de sus novelas y yo representándola sobre el escenario; yo, haciendo teatro en las poblaciones y él acompañando al Presidente Allende en su cruzada por Chile; y los dos en el exilio, dos indios que atravesamos el océano para, en una vuelta de mano, conquistar Europa con la pluma y con el teatro, nuestras armas invencibles de la paz.

Para ser dos indios pájaros errantes migrando por el mundo, nos vimos harto. No tanto como quisiera, pero no perdimos oportunidad para hablarnos a distancia y menos para irnos de juerga y calentar la vida cuando ella nos dio la maravillosa posibilidad de reencontrarnos tantas veces, en su casa de Gijon en las Asturias, en la mía de París y en cualquier lugar donde nos juntó el oficio de contar historias.

Tuvimos también la suerte de trabajar juntos y vivir experiencias inolvidables, como cuando el Lucho, de paso por Paris, actuó en ʺLe Kabaret de la Dernière Chanceʺ, haciendo un personaje que escribí especialmente para la ocasión; o cuándo en Argentina actué en su película "Nowhere", conversando noches inolvidables y estrelladas bajo el cielo de Salta.

Vivimos juntos la aventura de la vida y, como todos saben, Lucho fue siempre un aventurero y trotamundos audaz y persistente, valiente y lenguaraz. Por eso cuando escribió ʺEl viejo que leía novelas de amorʺ, La "historia de una gaviota y del gato y que le enseñó a volar " y la zaga de cuentos y narraciones  que pueblan su narrativa, no hizo más que sublimar sus propias historias que la vida le puso en el camino y que no le dejaron más opción que publicarlas para conquistar las difíciles cumbres de la literatura universal.

Sí, fuimos muy amigos. Por eso, cuando el 29 de febrero recibí  la noticia del contagio, transformándose en uno de los primeros creadores víctimas de la pandemia, sentí como si fuera a mí mismo a quien internaban en el Hospital Universitario Central de Asturias y me mantenían en coma inducido luchando por la vida. Y hoy, cuando supe de su partida, fui yo mismo el que sentí como se escapaba el soplo de la vida en un viaje sin retorno.

Hoy tengo el corazón roto y la butaca vacía. Pero estará siempre reservada para cualquier día en que al Lucho de mi juventud y al Luis Sepúlveda de siempre le dé por escaparse de la inmortalidad y venir a darse una vuelta por el Teatro Aleph, donde por derecho propio, no paga.

ÓSCAR CASTRO

16 de abril de 2020

Nadie hablara mejor de nuestra hermandad que mi amigo Lucho

Un día, mientras ensayábamos una de las escenas de una película que hicimos juntos –porque Oscar alias el Cuervo no se une, no se funde sino que se “arrejunta” conforme al decir chileno, y desde esa posición comparte con incomparable generosidad todo lo que sabe–, le conté una lejana bronca que era parte de mi geografía sentimental: una vez, hace muchos, pero muchos años, no pude entrar al Aleph en Santiago porque no me alcanzaba para pagar la entrada y, lo que sigue, podría ser un cuento pero no lo es. Me explico: Había una luna llena enorme en el desierto de Cafayate, en la frontera entre Argentina y Bolivia, y Óscar Castro rodaba una escena nocturna de Nowhere junto al actor argentino Ariel Casas. Los dos lo hicieron estupendamente, bastó una sola toma para que la camarógrafa exclamara “vale”, “grandes los dos” y a mí me correspondiera decir que la escena quedaba en la película. Entonces, Óscar y Ariel pasaron a quitarse el maquillaje, a dejar el vestuario, y a la salida de la  roulotte [casa rodante] y bajo un cielo que mostraba millones de estrellas, Óscar me abrazó y nos fuimos a mirar un rebaño de guanacos que también participaban en la película y que, vaya uno a saber por qué diablos, solo aceptaban órdenes de Óscar y al domador lo escupían con entusiasmo cada vez que intentaba recuperar su papel de mandamás del rebaño. Mirando las estrellas y los guanacos, Óscar me dijo: “Hermano, quiero que sepas que desde ayer, o desde antes de ayer, tienes entrada libre en todas las salas donde se presente el Aleph”. ¿Saben lo que siente el director de una película cuando un actor ha hecho más de lo que uno quería, cuando le ha dado tal humanidad y riqueza a un personaje que uno mismo se asombra de lo que ha escrito? Dos años más tarde fui a la graduación de mi hijo. Como trabajo de tesis presentó un cortometraje titulado Un amigo de mi padre, y ahí estaba Óscar, el Cuervo, con su inagotable capacidad de ser lo que un guion exige, con su talento para dar vida a lo que nace como una incierta posibilidad. El director de la escuela de cine de Munich, Wim Wenders, al final de la proyección se me acercó y me dijo: “Ese tipo, tu amigo, es un monstruo; qué pedazo de actor”. Y yo, naturalmente, contesté: “Uno sabe dónde buscar a sus amigos”.

Luis Sepúlveda

No sabes cuanto me vas a faltar.

El cuervo martirizado,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ATELIER THEATRE

Les samedis de 11h30 à 13h

Atelier Théâtre aux Actions Physiques
8e Saison au Théâtre Aleph

ENTRAÎNEMENT de THÉÂTRE aux Actions Physiques

une chorégraphie d'actions physiques, d'arts martiaux, de danses d'expression africaine, de chants et rythmes, et poésies
avec Rituel de Café de Spécialité

par Rodrigo Ramis / Théâtre d'Ailes Ardentes
participation 10 €

Pour un artiste, il y a le temps de création, et il y a celui du travail quotidien sur son expérience du vivant, et ce avec son corps : ce qu'il reçoit, ce qu'il produit. C'est une Écoute en conscience.

Le travail que nous faisons correspond à ce deuxième aspect, suivant la dynamique journalière d'acteur/performer de Rodrigo Ramis : un entraînement par les Actions Physiques.
Il ne s'agit pas de chercher une condition physique, même si quelque chose de cet ordre en résulte, ni d'élaborer une technique à maîtriser. Le Savoir est fragmentaire et ce n'est jamais assez.

La PRÉSENCE ne se cherche pas. Elle EST.
Elle se dévoile et se manifeste.
Et là, il y a fluidité. Harmonie. Entièreté.
Nous œuvrons dans la CONNAISSANCE de Soi.

Nous suivons une méthode traditionnelle : imitation; répétition.

En complément, il y a des temps ouverts à la spontanéité.

Tout se déroule comme un spectacle : temps d'une qualité de l'attention,
et en même temps direct, simple, sans artifices. Tu fais. Tu observes.
Qu'est-ce qui surgit ? Qui fait ?
Tu observes le corps : les énergies qui circulent, émotions; pensées; actions. La structure du corps, les relations avec l'espace et avec les partenaires, en constant changement.
Nous prenons conscience des rythmes.
Alors on écoute le cœur.
La respiration.
Arrêt / Inspiration : froid / Arrêt / Expiration : chaud / Arrêt.
La vie se manifeste selon une triade et en cycles.

 

Théâtre d’Ailes Ardentes
Contemporain, Performatif, Poétique
théâtre d’intimité et sur mesure
Direction Artistique  Rodrigo Ramis
Atelier d’Entraînement Théâtral aux Actions Physiques tous les samedis depuis 2012 Créations, Performances, Café Poésie Nomade

 

Rodrigo Ramis
Metteur-en-scène, comédien-performer, poète
Directeur Artistique du Théâtre d'Ailes Ardentes
Diplôme d'Ingénieur Civil au Chili, Lauréat Fondation Shell.
Co-fonde Léon Céléna en 1992 avec Bruno Subrini (Molière Révélation 1995).
Étudie à ARTA, Association de Recherche des Traditions de l'Acteur; avec Tapa Sudana et Khagan (Ciek, Compagnie K); butoh avec Sumako Koseki; avec Enrique Pardo, Pantheatre / Roy Hart; mise-en-scène avec Laurent Leclerc, Barouf Théâtre.
Travaille avec nombreuses compagnies françaises reconnues, avec Ondinnok, Théâtre Mythologique amérindien, de Montréal, Québec.
Imprégné du travail du Workcenter of Grotowski & Richards avec lequel il travaille à plusieurs reprises entre 1992 et 2015, ainsi qu'avec Maud Robart. Il explore un théâtre hors conventions avec le Teatro da Vertigem, du Brésil. Certaines pratiques traditionnelles spectaculaires sont source constante de dialogues et d'inspiration

 



 

THEATRE ALEPH AU FESTIVAL SANTIAGO A MIL

enero 2020

Nuestra Sala Julieta se complace en participar una vez más en el prestigioso "Festival Santiago a Mil", en su versión 2020. Para ello, nuestra compañía Teatro Aleph presenta 2 icónicas obras del extenso repertorio de Oscar Castro: "EL REY" y "EL 11 DE SEPTIEMBRE DE SALVADOR ALLENDE"

EL REY

FUNCIONES: 3, 4 y 5 de enero / HORARIO: 19.00 Hrs / VALORES: $3.000 General

Dramaturgia: Oscar Castro
Adaptación y Dirección: Gabriela Olguín
Elenco: Gabriela Olguín, Athenea Lagos y Camila Molina
Técnica: Nahuel Vásquez
Reservas: +569 90692056 y al mail cuervoaleph@gmail.com

Reseña

-“Erase una vez un rey” es la obra de teatro chilena más representada en América Latina y en el mundo. Fue estrenada en Chile en 1972 y de ahí no ha dejado de estar presente en diferentes escenarios por espacio de 47 años. Cuenta es la historia de tres vagabundos que viven en una escombrera, bajo un puente de Paris. Cansados de esa vida, deciden un día inventar un juego: Para poder gozar las delicias del poder, y como no tienen dinero para pagarse un empleado, un mozo, se ponen de acuerdo y deciden que durante una semana uno de ellos es rey y gobierna con todos los poderes, y el otro es su doméstico, su vasallo. Y después, la semana siguiente, cambiarán los roles …

EL 11 DE SEPTIEMBRE DE SALVADOR ALLENDE

FUNCIONES: 10, 11, 12, 17, 18 Y 19 de enero / HORARIO: 19.00 Hrs / VALORES: $3.000 General

Dramaturgia y Dirección: Oscar Castro
Elenco: Oscar Castro, Gabriela Olguín, Atenea Lagos, Jose Zambelli, Daniel Zambelli, Sergio Bravo, Alfredo Cifuentes, Camila Molina, Nahuel Vasquez, Ruben Casanova, Valentina MoraleS
Coreografía: Sylvie Miqueu
Músico: Ignacio Hernandez
Reservas: +569 90692056 y al mail cuervoaleph@gmail.com

Reseña

Un dramaturgo queda encerrado en un teatro después de que todo el mundo ha partido. Solo, en medio de accesorios de distintas obras, se encuentra con personajes del pasado, que deambulan siempre en su memoria en busca de resurrecciones, nuevas vidas hechas de momentos de comedia y tragedia. Entonces vuelven a la superficie los acontecimientos de un 11 de septiembre ya lejano y la figura emblemática de Salvador Allende, quien llevó con él los sueños de todo un pueblo en búsqueda de justicia y libertad. Estrenada en 1996 por el Teatro Aleph en París, esta obra —escrita por el fundador de la compañía, Oscar Castro, y dirigida por el fallecido director de origen egipcio Adel Hakim— se remonta en el país de la mano de Teatro Aleph Chile, con elenco nacional.

 

FESTIVAL EN TEATRO ALEPH CHILE

4 al 20 de octubre

Festival « Mito o Realidad »

El 10 de Octubre, en la Embajada de Francia en Chile, se realizará el lanzamiento del libro de los 50 años del Teatro Aleph « 50 años de Mito o Realidad ». En este libro la pluma de Sergio Bravo va contando y narrando, a traves de fotografias, la gran trayectoria de este grupo, como tambien la trayectoria de Oscar « Cuervo » Castro.
Para esta magna ocasión el elenco de Chile y el elenco de Francia se unen para dar vida a la ultima obra de Oscar Castro estrenada en Paris, como tambien, su trabajo galardonado recientemente en Francia « Teatro de gente y oficios » y su obra con mas montajes en toda Latino america « El Rey ».
Originando el Festival « Mito o Realidad » del 4 al 19 de Octubre
Todos Invitados !!!!

 

COURS DE PERCUSSIONS

Lundis de 19h à 20h

Avec l'association Abakuya - Saison 2019/2020 - infos 06 04 11 69 12

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