Actualités

La Segunda

20 FEVRIER 2016

Quand un homme se souvient qu’il peut créer et rire de lui-même, il trouve sa liberté

Oscar Castro, acteur, metteur en scène et dramaturge.

« Quand un homme se souvient qu’il peut créer et rire de lui-même, il trouve sa liberté ».

Par Rebeca Araya Basualto

On l’appelait El Cuervo (Le Corbeau) quand sa fine silhouette de vingt ans et sa crinière noire de jais étaient incontournables dans la bohème Santiaguine.

C’était le début des années 70 et la vie de l’étudiant en journalisme de la U.C (Université Catholique), acteur, dramaturge et directeur du théâtre Aleph, Oscar Castro (68 ans) était une fête splendide que personne ne voulait manquer. Ses idées intarissables, les pièces de théâtre qu’il écrivait dirigeait et jouait, étaient dans la conversation quotidienne du Chili en transition de la « révolution en liberté » de la DC (Démocratie Chrétienne) vers la « révolution au goût d’empanadas et de vin rouge » de Salvador Allende.

« Avec les années, dit-il, j’ai découvert que je n’ai jamais fait de théâtre. Je fais quelque chose qui ressemble, mais ce n’est pas du théâtre, car ce qui m’intéresse c’est de mettre la vie en scène. Quand j’étais prisonnier, j’ai mis la prison en scène. Lors de mon exil en France, j’ai mis mon étonnement devant Paris et la nostalgie des exilés à la vue de tous. Cela intéressait les français et aujourd’hui je parle toujours de la vie ».

Sa crinière a cessé depuis des années d’être noire de jais et l’homme curieux et doux qui nous reçoit et nous invite à un petit déjeuner bien fourni n’a rien d’une fine silhouette. Les victuailles arrivent sur cette table improvisée sous une bâche à l’air libre, apportées par de jeunes acteurs, par les maîtres qui travaillent à la réfection de la maison en briques qui se dessine dans le fond et Gabriela Olguin qui dirige la compagnie Aleph du Chili formée par Oscar Castro en 2013 et où il revient chaque année pour jouer avec ses disciples.

Entre toasts à l’avocat et arôme de thé, nous écoutons l’histoire de la maison en ruine où ils sont en train de s’installer, depuis que le ministre du patrimoine l’a appelé pour lui offrir un lieu correspondant à la description faite par Oscar Castro quand il lui a parlé du lieu dont il rêvait pour réinstaller son théâtre Aleph au Chili : « Grand pour que tout le monde rentre, dans un quartier populaire sans théâtre dans les environs, pour qu’on vienne nous voir et proche du métro pour que tous ceux qui le souhaitent puisse venir. »

L’ami d’Hamlet

En 1966, Castro, fils d’une famille d’agriculteurs Talquinos (de Talca) et élève de l’Institut National, cherchait avec ses amis, le meilleur moyen de rencontrer les filles du Lycée 1 quand lui vint l’idée de créer une troupe de théâtre et ils allèrent les chercher de la manière la plus sérieuse.

Parmi celles qui intégrèrent le groupe, se trouvait Michelle Bachelet.

« Elle était jolie, douce et elle aimait chanter. Nous devinrent de grands amis et quand il y avait des fêtes je parlais avec son père. Je lui demandais la permission et je m’engageais à respecter les horaires fixés par le Général. »

Le groupe théâtral a réussi à réunir 60 membres. Et ils montèrent « L’ami de Hamlet », pièce choisie à cause du grand nombre de personnages. Bachelet jouait une infirmière et cette pièce fut la première et dernière pièce avec les filles du Lycée 1.

L’année suivante il restait 10 membres dans le groupe et la seule femme était sa sœur, Marieta Castro. Et dans les répétitions elles manquaient beaucoup.

Qui décida quel serait le directeur ?

Je crois que c’était ma passion. J’ai inventé que j’étais l’ami d’Hector Duvauchelle, à l’époque très fameux, tout comme sa compagnie. Et qu’il était curieux de voir nos répétitions. La motivation dura jusqu’à ce que quelqu’un fatigué que mon ami ne vienne jamais, s’écria : « Allons le voir à son théâtre, tout de suite ! ». Nous n’étions pas loin, je ne voulais pas avouer mon forfait et nous partîmes à pied. A chaque croisement je me promettais : « Bon, maintenant, je vais leur dire la vérité. » Mais je n’ai jamais pu. Nous sommes arrivés alors que le spectacle venait de terminer. Hector sortit avec son frère Humberto. Je ne savais pas lequel des deux était Hector et je dis très bas : « Salut Hector ». Il me regarda, vit tous mes amis derrière moi, ma tête désespérée et ce fut un miracle : « Comment tu vas, dit-il, Qu’est-ce que tu fais en ce moment ? » Et nous répétâmes toute la soirée avec lui : de la magie pure !

Le groupe se consolida autour d’Oscar comme dramaturge et de la création collective comme méthode et philosophie. Ils choisirent un nom : Aleph… Et naviguèrent sous les vents favorables de la réforme universitaire de 68. Ils transportèrent le théâtre, comme beaucoup de cette génération, dans les coins les plus reculés, ils fêtèrent le triomphe de la UP (Unité populaire) et revinrent acclamés en août 1973 du célèbre festival de théâtre de Nancy, en France. Oscar avait terminé ses études de journalisme, il était marié et avait son premier enfant.

Fini la fête.

Magnifique conteur d’histoires, il les égrène avec sa voix douce et des pauses exactes. Certaines se terminent inévitablement en éclat de rires et d’autres avec de longs silences qu’il est difficile de rompre. Comme celle-ci où il finit par devenir le « Maire » du camp de prisonniers de Punchuncavi, d’où il sortit en exil avec sa sœur Marieta, vers Paris alors qu’il avait 29 ans.

« En 74 ils fermèrent notre théâtre et nous fumes arrêtés avec ma sœur. Ma mère et mon beau-frère vinrent nous voir à Tres Alamos ils les arrêtèrent et ils sont aujourd’hui encore disparus. »

Il raconte qu’il décida alors que sa vengeance serait de vivre et d’aider les prisonniers à rire de leur disgrâce. Il créa des centaines de pièces et fonda des groupes de théâtres composés des prisonniers de Tres Alamos, Punchuncavi et Ritoque. Là, il composa son personnage le plus désopilant : le maire des prisonniers.

« J’ai trouvé un frac et un haut de forme dans une livraison de vêtements usagés. C’était mon costume, avec une écharpe présidentielle et c’est tout. Une partie de mon travail consistait à recevoir les prisonniers qui arrivaient, le plus souvent après de mauvais traitement… et de faire mes adieux à ceux qui quittaient le camp.

Comment accueilliez-vous les prisonniers ?

J’apparaissais dans une brouette conduite par deux prisonniers. Je descendais pompeusement et je leur souhaitais la bienvenue à cette nouvelle étape du championnat qui se déroulait depuis plusieurs années et qui se disputait aujourd’hui dans cette ville où la locomotion était très bonne pour arriver mais très mauvaise pour le retour. Mais j’ajoutais que le Maire était en train d’essayer de résoudre ce problème. Et je continuais avec ce qui me passait par la tête. »

Il se souvient que parfois il arrivait à les faire rire. D’autres fois cette conduite surréaliste les distrayait un instant de l’angoisse et de la douleur physique. Les militaires les laissaient faire parce que les pièces de théâtre étaient la seule distraction possible dans les camps. « Le théâtre invente des mondes, dit-il, et quand l’homme se souvient qu’il peut créer et rire de lui-même, il trouve la liberté, à l’intérieur de lui-même. »

Aleph à la Cisterna

Tes utopies, tu dois les avoir mais aussi les entretenir

Une conversation accidentelle avec le ministre Victor Osorio est à l’origine du projet qui vous fera revenir en septembre et que vous suivez depuis Paris : « Je vous ai raconté qu’en 1976, quand je suis arrivé en exil à Paris, nous avons conçu un théâtre en France où l’on peut recevoir notre public sur fond de musiques latino-américaines avec des plats chiliens et après avoir vu nos pièces de théâtre, le public peut rester danser jusqu’au bout de la nuit. Nous allons faire la même chose au Chili. »

En France L’Aleph dispose d’une académie, comme celle que Castro fait fonctionner au Chili lors de ses visites depuis 2013 en travaillant dans les quartiers populaires. Son principal postulat sur la pédagogie théâtrale : « J’exige que mes élèves aient un autre travail à côté de leur activité théâtrale. Pourquoi ? Parce que le théâtre est une utopie et que tes utopies, tu dois les avoir mais aussi les entretenir. Quand je suis arrivé en France j’étais peintre en bâtiment et j’ai écrit depuis et joué des choses que j’ai apprises à cette époque. »

Aujourd’hui à Santiago, il dispose d’un petit groupe d’élèves formés par l’Aleph qui vont prendre en charge les cours de théâtre de la Municipalité de La Cisterna. « Je reviendrai donc plus souvent. Maintenant j’ai un lieu pour travailler », conclut-il.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA GUERRE DES BOUTONS

18 février 2016 à 19h

L’atelier-théâtre LATIN’ACTOR des 5 - 8 ans
du Théâtre Aleph présente

ENTREE LIBRE

 

Avec dans le rôle des Longevernes :
ANTU ROMAN YOLITO, NAO YASUMOTO, ETAN CREUZEVAULT,

THOMAS FION, LILI VANNIEL,  AUDREY REMOIVILLE-DUGUE

et JULIETTE VAYSSET



Avec dans le rôle des Velrans :
EMMA FION, TELMA JEANNET, ALICE BARRA, MARIAM TRAORE,

EWEN LANDRAIN, THOMAS BOURVIC, LUCA MANNA-KELLEN

et DJAID DIABY

 

THEATRE ALEPH

30, rue Christophe Colomb – 94200 Ivry sur Seine

Tél : 01 46 70 56 85   -   www.theatrealeph.com

 

 

Una Carta de Luis Sepulveda / Une lettre de Luis Sepulveda

28 DE ENERO DE 2016

¿Quién dijo que nos mataban los sueños? / Qui a dit qu’ils tuaient nos rêves ?

Una pequeña historia o ¿quién dijo que nos mataban los sueños? Une petite histoire ou : Qui a dit qu’ils tuaient nos rêves ?

Tengo un compañero, un amigo, un hermano al que todos llaman El Cuervo. El Cuervo tiene un nombre; Óscar Castro, pero todos le llaman El Cuervo, o Cuervito los más cercanos.
A los y las que quiere, El Cuervo siempre saluda con un ¿cómo está mi perrita o cómo está mi perrito?. Y esto ha sido siempre así, desde que nos concimos como estudiantes del Instituto Nacional, en Santiago. El Cuervo estaba dos cursos más arriba que yo, pero para todos los "institutanos" era el centro de la atención por su carácter alegre y su asombrosa capacidad histriónica. Así por ejemplo, cuando cada lunes el director nos recordaba que de cada diez ex presidentes de la República de Chile, ocho eran ex alumnos de nuestro Instituto, se oía la voz del Cuervo agregando: "y no olvidemos al alcalde de Chuchunco".
Los que teníamos 14 o 15 años sabíamos que la pandilla del Cuervo tramaba algo, porque se encerraban algunas tardes en una sala junto a otros estudiantes del Liceo Lastarria y del Liceo número uno de niñas. Ahí nació un teatro. Ahí nació El Aleph, y casi nadie sabe que una de las primeras actrices fue una adolescente del Liceo 1 de niñas llamada Michelle Bachelet.
El Cuervo salió del Instituto a los 18 años. Fue de la penúltima generación que dio el bachillerato, y como bachiller en letras se matriculó en la Escuela de Periodismo de la Universidad Católica. Pero lo suyo no era el periodismo, lo suyo era El Aleph, el teatro más irreverente y subversivo, el teatro que unía la comedia del arte, el realismo brechtiano y las expresiones más genuinas del arte popular.
En 1971 eran infinitas las colas para conseguir entradas que permitieran entrar a un viejo caserón de la calle Lastarria, donde El Aleph hacía reír rabiosamente y pensar más rabiosamente todavía, con una obra del Cuervo titulada "Viva in-mundo de Fanta-CIA".
Y así llegó septiembre de 1973. El Aleph fue clausurado y El Cuervo confinado en el campo de concentración de Tres Alamos. Un día de 1974 recibió la visita de su madre María Julieta Ramírez Gallegos y de su cuñado John McLeod. Fue la última vez que los vio, pues a la salida fueron secuestrados por los militares, conducidos al terrible campo de concentración de Villa Grimaldi, torturados y hechos desaparecer.
El Cuervo salió del campo de concentración el exilio, en Francia. Con todo su dolor a cuestas no se dejó vencer y , en Ivry Sur Seine, en las afueras de Paris, volvió a abrir las puertas del Aleph, el teatro chileno más subversivo e irreverente, gracias a la solidaridad de miles de compañeras y compañeros franceses. 
Una de las obras más celebradas de las que montó en el Aleph francés fue "Le Cabaret de la Dérniere Chance", una alucinante , tierna, divertida y profunda historia cuya trama ocurre en el desierto de Atacama.
Cuando fui a ver esa obra hacía años que no abrazaba al Cuervo y pedí a los organizadores que no le dijeran que me encontraba entre el público. Pero lo hicieron y, de pronto, El Cuervo, que en la obra hace de maestro de ceremonias de un cabaret, anunció: "distinguida concurrencia, entre nosotros se encuentra el muy honorable señor alcalde de Chuchunco, don Luis Sepúlveda, y le rogamos que pase a ocupar la mesa de honor del Cabaret de la Dérniere Chance, ¡Champágne para todos!". Y tuve que ser un actor más de esa inolvidable representación.
Años más tarde, en 2001, le conté que iba a hacer una película, "Nowhere",y que lo quería como actor. Su respuesta fue: " Lo que diga mi perrito". Y lo hicimos. Durante el rodaje, una tarde se acercó Harvey Keitel, que había visto filmar unas secuencias protagonizadas por El Cuervo y me dijo: " Ese tipo es enorme, es un salvaje de la escena, es grandioso". Durante ese rodaje. una noche de calma en el desierto de Cafayate lo vi muy pensativo, muy concentrado, y le pregunté en qué pensaba. "Pienso, mi perrito, que un día voy a tener nuevamente un teatro en Chile, que El Aleph volverá a Chile un día".
Y así ha sido. Ayer 27 de enero, el ministerio de Bienes Nacionales entregó a la compañía El Aleph una vieja casona de la calle Eulogio Altamirano, en la comuna de La Cisterna, al sur de Santiago, y a partir de ayer en esa casona se puede ver a El Aleph interpretando "El Cabaret de La Última Esperanza", una obra rebelde, subversiva, irreverente . Una obra del Cuervo.

¿Quién dijo que nos habían matado los sueños?

Une petite histoire ou : Qui a dit qu’ils tuaient nos rêves ?


J’ai un camarade, un ami, un frère que tout le monde appelle El Cuervo (Le Corbeau). El Cuervo a un nom : Oscar Castro, mais tous l’appellent El Cuervo, ou Cuervito pour les intimes.
Ceux ou celles qu’il aime, El Cuervo les salue toujours avec un "Comment va mi Perrita ou mi Perrito" (Chiot en français). Cela a toujours été depuis qu’on se connait, à l’époque où nous étions étudiants à l’Institut National à Santiago. El Cuervo était deux années au-dessus de moi… mais pour tous les "Institutanos" (élèves de l’Institut) il était le centre d’intérêt à cause de son caractère joyeux et de son extraordinaire talent d’histrion. Ainsi, par exemple, quand chaque lundi, le directeur nous rappelait que huit Présidents de la République du Chili sur dix étaient des anciens élèves de l’Institut, on entendait la voix du Cuervo qui ajoutait : "Sans oublier le Maire de Chuchunco". Nous qui avions 14 ou 15 ans, nous savions que la troupe du Cuervo tramait quelque chose parce qu’ils s’enfermaient dans une salle certaines après-midi entières avec des camarades du Lycée Lastarria et les filles du Lycée 1. C’était la naissance d’un théâtre. C’est là qu’est né le Théâtre Aleph et presque personne ne sait qu’une de ses premières actrices fut une adolescente du Lycée 1 des filles du nom de Michelle Bachelet.
El Cuervo sortit de l’Institut à 18 ans. C’était l’avant-dernière génération à obtenir le Baccalauréat et comme Bachelier en lettres il s’inscrivit à l’Ecole de Journalisme de l’Université Catholique. Mais sa vocation n’était pas le journalisme, c’était l’Aleph, le théâtre le plus irrévérencieux et subversif, le théâtre qui réunissait la comedia del arte, le réalisme Brechtien et les expressions les plus authentiques de l’art populaire.
En 1971, les files d’attentes n’en finissaient pas pour obtenir un billet qui permettrait d’entrer dans le vieux local de la rue Lastarria, où l’Aleph faisait éclater la rage en rires et faisait penser toujours avec fureur, avec la pièce du Cuervo appelée "Viva in-mundo de Fanta-CIA". (Vivre dans un monde de Fanta-CIA – jeux de mot avec fantaisie / Fantasia - Fanta et CIA)
Puis arrive septembre 1973. L’Aleph fut fermé et El Cuervo interné dans le camp de concentration de Tres Alamos. Un jour de 1974, il reçut la visite de sa mère, María Julieta Ramírez Gallegos, et de son beau-frère, John Mc Leod. Ce fut la dernière fois qu’il les vit puisqu’ils furent arrêtés et séquestrés par les militaires, puis conduits au terrible camp de concentration de la Villa Grimaldi, torturés et portés disparus.
El Cuervo sortit du camp de concentration directement vers l’exil, en France. Trimballant toute sa douleur sur les épaules, il ne se laissa pourtant pas vaincre et c’est à Ivry sur Seine, aux portes de Paris, qu’il rouvrit les portes de l’Aleph, le théâtre chilien le plus subversif et irrévérencieux, grâce à la solidarité de milliers de camarades français et françaises.
Une des œuvres les plus reconnues du théâtre Aleph français fut "Le Kabaret de la dernière chance", une pièce hallucinante, tendre, joyeuse, et une histoire profonde dont la trame se situe dans le désert d’Atacama.
Quand je suis venu voir cette pièce, cela faisait des années qu’on ne s’était pas embrassés avec El Cuervo. Et j’ai demandé à l’entrée qu’on ne lui dise pas que j’étais dans le public. Mais j’ai été trahi et très vite El Cuervo, qui joue le maître de cérémonie dans la pièce, annonça : "Très précieuse assistance, parmi nous se trouve l’honorable Monsieur le Maire de Chuchunco, don Luis Sepulveda, et nous le prions de bien vouloir occuper la table d’honneur du Kabaret de la dernière chance, Champagne pour tout le monde !". Et je suis devenu un acteur de plus de cette inoubliable représentation.
Des années plus tard, en 2001, je lui ai raconté que j’allais faire un film, "Nowhere", et que je voulais l’engager comme acteur. Sa réponse fut : "Ce que veut mi Perrito" et nous l’avons fait. Pendant le tournage, un soir, Harvey Keitel s’approche de moi après avoir vu le tournage d’une scène ou El Cuervo était le protagoniste, et il me dit : "Ce type est énorme, c’est une bête de scène, il est grandiose." Toujours pendant ce tournage, une nuit paisible dans le désert de Cafayate, je le vis très pensif, très concentré et je lui demandai à quoi il pensait. "Je pense, mi Perrito, qu’un jour j’aurai de nouveau un théâtre au Chili, que l’Aleph reviendra au Chili, un jour."
Et il l’a fait. Hier, le 27 janvier 2016, le Ministre du Patrimoine, a accordé à la compagnie du théâtre Aleph, une concession sur une vieille bicoque de la rue Eulogio Altamirano, dans la commune de la Cisterna, au sud de Santiago et le même jour on pouvait voir dans le jardin de cette bicoque l’Aleph interpréter "Le Kabaret de la dernière chance", une œuvre rebelle, subversive, irrévérencieuse. Une œuvre du Cuervo.


Qui a dit qu’ils avaient tué nos rêves ?
 

COMUNICADO DEL MINISTERIO DE BIENES NACIONALES / COMMUNIQUE DU MINISTRE DU PATRIMOINE DU CHILI

27 DE ENERO DE 2016

Concesión de uso gratuito de inmueble / Concession gratuite d'un immeuble

Ministro Víctor Osorio Reyes entrega a Director de la Compañía Teatro Aleph Chile, Óscar Castro, concesión de uso gratuito de inmueble ubicado en la comuna de La Cisterna.

El lugar funcionará como un centro cultural que promueve una experiencia de teatro popular y ciudadano, mezclando el trabajo de actores profesionales con personas de la comunidad. Actualmente, se encuentran un grupo de actores franceses, quienes junto a los vecinos han trabajado en la remodelación del lugar y, también, en el montaje de la obra “El kabaret de la Última Esperanza”, escrita por Castro.

La entrega del inmueble para establecer su proyecto teatral en el país, es una noticia que el dramaturgo recibió con “enorme alegría”, señalando que “se trata de un sueño largamente anhelado durante cuarenta años, desde que partí de mi patria en las dolorosas circunstancias que todos sabemos”.
La historia del Teatro Aleph se remonta a mediados de los sesenta, la iniciativa nace de estudiantes del Instituto Nacional y el Liceo 1 de niñas, entre ellas la actual Presidenta, Michelle Bachelet. Llegados los años setenta fueron uno de los grupos más vanguardistas de la época, sin embargo, con el golpe de estado sus obras fueron censuradas y Óscar Castro fue detenido; tras eso, se exilió en Francia, donde se encontró con antiguos integrantes de la compañía y fundó el Teatro Aleph en Europa.

27 JANVIER 2016
Le Ministre Víctor Osorio Reyes accorde au directeur de la Compagnie Teatro Aleph Chile, Oscar Castro, une concession d’usage gratuit d’un immeuble situé dans la Commune de La Cisterna.
Il y implantera un centre culturel pour la promotion d’un théâtre populaire et citoyen, mêlant le travail d’acteurs professionnels avec des habitants de la Commune.
En ce moment même un groupe d’acteurs français s’est joint aux acteurs chiliens et aux voisins pour travailler à la réhabilitation du lieu et pour monter la pièce "Le Kabaret de la dernière chance" écrite par Oscar Castro et Pierre Barouh.
L’attribution de cet immeuble pour développer son projet théâtral dans le pays, est une nouvelle que le dramaturge a reçue avec une "énorme allégresse", signalant qu’il s’agit "d’un rêve que je désirais depuis si longtemps, durant quarante ans, quand j’ai dû quitter ma patrie dans les douloureuses circonstances que nous connaissons tous".
L’histoire du théâtre Aleph remonte à la fin des années soixante avec cette initiative provenant d’étudiants de l’Institut National et du Lycée 1 de filles, parmi lesquelles l’actuelle Présidente, Michelle Bachelet.
Dès le début des années soixante-dix c’était un des groupes de théâtre les plus avant-gardistes de l’époque. Cependant, après le coup d’état, ses œuvres furent censurées et Oscar Castro fut arrêté. Après deux ans de camps de concentration, il s’exila en France où il retrouva d’anciens camarades de la compagnie et fonda le Théâtre Aleph en Europe.

 

INVITACION INAUGURACION CASA ALEPH CHILE

27 DE ENERO DE 2016

Todo el dia con espectaculo en la noche.

 

Teatro Aleph y Jackie Pall los invita coordialmente al gran espectáculo teatral "El Kabaret de la Última Esperanza" donde participan actores del Teatro Aleph Chile, Jackie Pall Theather y participantes de los talleres realizados por Oscar Castro en distintas comunas de Santiago.

Habrá música, baile, diversión al estilo Alephiano. 
Venga a participar.

Iniciaremos el día así:
- 11hrs entrega oficial de la casa con la firma del ministro de bienes nacionales a Oscar Castro
- 12hrs Agradecimientos festivos con animaciones teatrales
- 20hrs Presentación de la obra "El Kabaret de la Última Esperanza", escrita por Oscar Castro

Lo único importante para llegar a disfrutar de este gran día es que reserve de antemano para ir. Es absolutamente gratis.

Puede hacer su reserva por medio del evento.
Llamando o mandando un whats app al +56965788295

Esto será en calle Eulogio Altamirano 7425, la Cisterna, metro El Parrón.

VENGA VENGA NO SE LA PUEDE PERDER!!!!!

nouvelle année

2016

Paris et Santiago chanteront à l'unisson

Même si la mort finit toujours par gagner, seule la vie donne la vie. Et ce chant, notre chant, on le fredonnera sans répit aux côtés de l’ami et face à l’ennemi, comme l’Aleph l’a toujours fait avec une foi indestructible.

Hier, aujourd’hui et demain, à l’heure du vent, Tignous chantera toujours avec nous.

Le 9 janvier 2016, à l’heure où l’âme se fait entendre, le théâtre Aleph France à Ivry sur Seine et le Teatro Aleph Chili à Recoleta, une banlieue populaire de Santiago, lanceront à l’unisson “Tignous hasta Siempre !”, face à un public qui aime la vie pardessus tout le reste.

Je vous salue depuis le Chili et tous ensemble, nous chanterons à la lune, à pleins poumons : "Gracias a la vida!" 

Oscar Castro

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Aunque la muerte al final siempre gana, solo la vida da vida.

Y este canto, nuestro canto lo entonaremos al lado del amigo y frente al enemigo como el Aleph lo ha hecho siempre.

Ayer, hoy, y mañana de temprana hora Tignous cantara con nosotros.

El nueve de enero a la hora del alma el Aleph Francia en Ivry/sur Seine y el Aleph Chile en Recoleta, un barrio popular de Santiago; estarán diciendo al unísono  “Tignous hasta Siempre” frente a un público que ama la vida sobre todas las cosas.

Desde Chile Oscar Castro los saluda y todos juntos cantaremos a todo pulmón “Gracias a la Vida”.

Oscar Castro

 

Soutien au théâtre Aleph Chili

jusque fin décembre

Participez à la construction de cette nouvelle utopie du Théâtre Aleph pour qu’elle devienne réalité.

Je veux partager une grande nouvelle avec vous: le Théâtre Aleph Chili (TAC) a désormais sa maison à Santiago. C’est un rêve tant attendu depuis quarante ans, depuis ce jour où j’ai quitté ma patrie dans les circonstances douloureuses que vous connaissez tous.

Aujourd’hui, grâce au travail incessant et laborieux d’un groupe de comédiens et de musiciens qui ont recréé sous ma direction le théâtre Aleph au Chili ; grâce au Ministre du patrimoine, mon ami Victor Osorio ; et surtout grâce à mon amie Gabriela Olguin qui, sans relâche et avec une ténacité à toute épreuve, n’a jamais renoncé, jusqu’à tenir dans ses mains les clés du 7425 de la rue Eulogio Altamirano, dans la commune de la Cisterna, nous avons cette maison pour y construire peu à peu un Chili ouvert au monde, où la culture sera un réel apport pour une société plus souriante.

Tous les jours naissent de nouvelles aventures, à tout moment germe la semence. Et face à tous ces criminels qui sèment la terreur et la mort à Paris et dans le monde, il faut répondre avec la vie, parce que seule la vie donne la vie.

Au mois de janvier 2016, une brigade de jeunes comédiens français du “Jacky Pall theater group”, iront au Chili pour construire dans ce lieu avec les acteurs chiliens du TAC, un centre culturel communautaire international, pour que les nouvelles générations continuent de rêver que le monde peut être plus humain. C’est une invitation à la vie pour tous ceux qui veulent  participer à cette aventure.

C’est en récupérant un clou par-là, et un tournevis par ici, qu’on bâtit de nouveaux espaces. 

Je sais que vous serez à mon côté pour soutenir cette aventure, ne serait-ce qu’en envoyant de quoi acheter un clou, un tournevis, un pot de peinture… Selon vos moyens.

Voici le lien pour participer à la construction de cette nouvelle utopie du Théâtre Aleph pour qu’elle devienne réalité.

http://igg.me/at/chezjackiepall/x

Rêvons les yeux ouverts, c’est ce qu’il y a de meilleur dans la vie. 

Oscar Castro

NUIT DE SOUTIEN AU THEATRE ALEPH CHILI

19 DECEMBRE 2015

19 DECEMBRE 2015 - NUIT SOLIDAIRE AVEC LE T.A.C

"La nuit suspendue" aura, ce samedi, un parfum de lune, puisque ce sera une soirée solidaire avec le T.A.C (Théâtre Aleph Chili), toute la recette de la soirée sera consacrée à l’édification d’un centre culturel dans le quartier de la Cisterna. Un espace de création écologique où l’on retrouvera les éco-spectacles du théâtre Aleph : Pain, soupe et théâtre faits maison.

Après le spectacle : une fête jusqu’à l’aube animée par le "Jackie Pall Theater Group" (JPTG) qui part en janvier au Chili pour amorcer cette nouvelle bombe.

Le JPTG est une communauté constituée d’artistes variés (théâtre, cinéma, musique, danse, dessin, sculpture, photo), d’artisans et de créateurs en tous genres qui aiment se retrouver, partager et vivre des événements culturels, ludiques et festifs.

LE BATACLAN ET L'ALEPH

Novembre 2015

UNE HISTOIRE D'AMOUR

Chers amis, cher public,

"Je peux admettre que la capacité humaine de destruction l’emporte sur la capacité de création et de transformation, comme la mort l’emporte toujours sur la vie, mais c’est la vie qui crée la vie, la conscience de la dignité de chaque être humain qui crée la liberté et l’égalité de tous." (Alain Touraine)

L’hymne du Théâtre Aleph, créé au siècle passé, en 1967, chantait: “Nous, ceux de l’Aleph, nous avons un navire de guerre, pour le jeter à la mer, et boire et boire jusqu’au fond de la mer."

“El Supertricio”, c’était le nom de notre navire, a navigué sur différents océans de la vie. Nous avons souffert et lutté, aimé et chanté. Dans sa distribution, le monde nous a donné le triomphe et la déroute, nous avons dégusté la saveur du pain et le goût du sang… Nous avons emprunté notre chemin avec toutes les forces que Dieu a pu nous donner.

Parmi nos nombreux voyages à bord du “Supertricio”, il y a celui qui nous a transportés vers une des fantaisies les plus merveilleuses vécue par le théâtre Aleph : Ce fut au Bataclan où le navire de nos rêves a mouillé l’ancre pour présenter "Le Kabaret de la dernière chance", une de nos pièces préférées qui y a connu un succès de plus de trois mois totalement inespéré à l’époque. C’est à ce moment et dans cet espace que notre théâtre entre définitivement dans l’histoire du théâtre français.

Et son équipage se souvient que c’est au Bataclan que l’Aleph passe de la misère à la pauvreté.

Le Bataclan était devenu notre seconde maison. En présence de Danielle Mitterrand nous y avons inauguré le premier festival du "théâtre des gens et des métiers" de France. C’est au Bataclan que l’Aleph a présenté "La maison accepte l’échec" et qu’il a joué la première de "Christophe Colomb Super Star", lors des célébrations du cinq centième anniversaire de la découverte de l’Amérique.

Le Bataclan nous a ouvert des routes dans ce merveilleux pays : "la France éternelle". Nous n’oublierons jamais ce lieu désormais profané par les ennemis de la vie.

C’est ici que le 13 novembre une fusillade a mis fin à la vie de plus de 80 personnes, parmi eux se trouvaient nos amis et compatriotes, Patricia San Martin et sa fille Elsa Verónica, avec qui nous avons partagé plus d’une fois une empanada arrosée d’un bon vin rouge chilien. Luis Felipe Zschoche Valle, leader du groupe "Capitán América" et sa femme Cécile Misse, deux jeunes débordant de vie sont aussi tombés sous les balles assassines.

"Les pas peuvent fouler mille ans le lieu de ce massacre, ils n’effaceront pas le sang de ceux qui y tombèrent". Un crime contre cette humanité simple comme nous tous qui ne voulons qu’une chose : partager la vie et la paix.

Nous n’avons jamais été sûrs de rien. C’est pour cela que notre consigne a toujours été qu’il faut aimer, pour redevenir chaque jour plus terre, écume sacrée, mouvance des vagues… Et nous devons chanter car c’est en chantant que se fonde la patrie, parce que si nous ne chantons pas, la terre meurt.

Pour fonder la patrie, nous avons clôturé notre hommage : “Tignous Hasta Siempre!” et c’est en chantant que nous jouerons la première de “Le Réfugié M“, pour que la terre ne meure pas.

"Seule la vie crée la vie" affirme Alain Touraine. C’est à cette source qui vient du plus profond de la terre que nous nous accrochons, pour donner un sens à notre existence.

Un abrazo.

Oscar Castro

Directeur du Théâtre Aleph

 

Une discrimination ça va... Deux, bonjour les dégâts !

Lundi 30 novembre

Atelier théâtre des gens et des métiers TGM

Spectacle de l'atelier Théâtre avec Atout Majeur (Zoubida Belkebir) sur le thème de la violence familiale

SYNOPSIS

Depuis 2006, chaque année le Théâtre Aleph réalise avec des femmes en parcours d’insertion chez Atout Majeur   l'action "Théâtre et lutte contre les discriminations" tout à fait  originale et efficace, qui soigne l’humain, la dignité et la confiance. La parole, le jeu, le partage et la générosité en sont les bases.

Oscar Castro écrit des scènes sur les thèmes à traiter, avec les mots des participants. Les scènes sont illustrées de quelques chansons et chorégraphies travaillées durant l’action par Sylvie Miqueu. Un fil conducteur relie l’ensemble et donne harmonie et cohérence au spectacle joué par les femmes.

Cette année, le Théâtre Aleph a le plaisir de vous inviter à une représentation de la nouvelle pièce créée dans le cadre de cette même action "Théâtre et lutte contre les discriminations" avec un groupe de femmes et d'hommes en parcours d'insertion chez Atout Majeur.

DATES

Lundi 30 novembre 2015 à 15h - Théâtre Aleph (30, rue Christophe Colomb  - Ivry sur Seine) dans le cadre de la journée de la solidarité.

Samedi 12 décembre à 20h au Théâtre Aleph.

PARTENAIRES

Cette action est soutenue par l'ACSE, la DDCSJ du 94, le CG du 94 et la Région IdF.

En collaboration avec  Atout Majeur.

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